On aurait pu penser que le buzz dont avait jouit Tee Grizzley l’été dernier grâce au #LebronJamesChallenge allait vite s’essouffler. Qu’après quelques vidéos très drôles de fans imitant le King, le rappeur de Detroit finirait par sombrer dans l’anonymat le plus total comme tant de phénomènes internet avant lui. Il n’en est rien, et comme le nom de sa nouvelle mixtape parue en novembre le signale, la boussole indique toujours la même heure depuis l’été 2017 : la sienne, celle pour briller et mettre en avant un style de rap plutôt rare aujourd’hui. Tee Grizzley nous a reçu dans son hôtel parisien ce 29 novembre, l’occasion pour nous de parler de Still My Moment, de Lebron James ou de femmes, bien évidemment…


Reçu très positivement par la critique outre-atlantique, la dernière mixtape en date de Tee Grizzley, Still My Moment, a peiné à faire du bruit ici en France. « Je suis très heureux des retours que j’ai sur ma mixtape. Elle ne vaut rien en comparaison des morceaux que je vais sortir ». Bien que peu connu ici, Tee Grizzley a vraiment consolidé sa place dans le rap game américain. Au-delà des noms très importants avec qui le jeune homme de 24 ans collabore (Offset, Chance the Rapper ou Lil Pump), sa crédibilité s’établit notamment sur le fait qu’il ne semble jamais s’arrêter de travailler. Son premier album, sorti en mai 2018 a à peine eu le temps d’être exploité que sort cette nouvelle mixtape dans laquelle son niveau augmente considérablement. « Je n’ai pas vraiment de processus créatif. Je rentre dans cette merde et je donne tout ce que j’ai… Mais tout doit être vrai ». L’authenticité de Tee Grizzley peut même paraître surprenante aujourd’hui pour un rappeur américain ayant la vingtaine. Il n’invente rien et crache ses vérités, ses conseils et ses impératifs à ses auditeurs à l’aide d’un flow percutant, avec très peu de tentatives de chant ou de « flow à la Migos ».

Le vécu narré par Tee Grizzley n’est pas toujours reluisant. Il a néanmoins le mérite d’être sincère et de mettre en lumière la vérité de son environnement : « Avoir été validé par Jay-Z et par Lebron James sont deux de mes plus grands accomplissements. Mais je suis surtout très fier d’avoir réussi à m’en sortir alors que je viens de Detroit. Quand tu viens de ma ville, à moins d’être un sportif ou un génie, tu n’as aucune chance de t’en sortir. (…) On grandit trop vite. On s’amuse avec des jouets, on grandit avec nos potes et peu de temps après, on s’embrouille avec d’autres gars juste comme nous. » Ce sentiment qu’a Tee Grizzley est dépeint sur le morceau « Babies to Men » dans lequel est illustré une enfance bien trop chaotique pour être épanouissante…


En ouvrant une école dans sa ville natale d’Akron, Ohio, Lebron James s’est affirmé comme étant bien plus qu’un incroyable basketteur. Naturellement, ses choix inspirent également toute une génération d’hommes et de femmes pour qui le fait de donner aux autres est une nécessité. La relation entre Tee Grizzley et le neo-Laker n’en est, certes, pas tout à fait une, mais elle inspire le rappeur à devenir un homme meilleur : « Moi et Lebron ne sommes pas vraiment amis, mais il y a un énorme respect mutuel entre lui et moi. (…) Lebron disait « Bigger than basketball », je pense aussi que ma musique est « bigger than music ». De mon point de vue, je ne fais pas de la musique, j’écris des maximes pour ceux qui veulent quitter le ghetto. Les enfants ont besoin de ça ». Des enfants néanmoins, Tee Grizzley n’est pas prêt d’en avoir si l’on suit ses dires. L’homme a peut-être grandi trop vite, mais il n’en a pas pour autant oublié de s’amuser avec la gente féminine. Les morceaux « 1 Night » (avec Quavo) ou « Bitches on bitches » (avec Lil Pump) ont des titres assez évocateurs des relations que recherche le natif de Detroit. Alors qu’on pourrait le titiller sur son manque de sérieux ou de rigueur avec les femmes, sa réponse est en fait plutôt réfléchie : « A cause de ma position, je rencontre beaucoup de femmes. Je ne peux pas avoir de relation stable parce que je serais incapable de donner ce qu’elle mérite à une femme. Je n’ai pas envie de blesser quelqu’un, sachant que je finirais par être tenté par une autre. » La porte n’est toutefois pas condamnée ! Lorsqu’on lui demande où il se verrait dans cinq ans, il nous répond : « J’aimerais avoir beaucoup d’argent, être entourée de bonnes personnes et être libéré du stress… Avoir plein de bijoux, être frais !(…) Peut-être que d’ici mes 30 ans, j’aurais une femme et des enfants ! «  C’est évidemment tout le mal qu’on lui souhaite.

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