Le Top 50 du rap francophone 2018

Tout comme l’année dernière, NZS revient sur cinquante musiques qui ont plus ou moins marqué l’année précédente. Difficile de garder seulement 50 sons sur 12 mois et plus particulièrement encore en 2018, il a fallu faire des choix difficiles tout en variant le plus possible. Cette année, encore plus qu’en 2017, la différence entre rap et Pop, R&B ou « Zumba » est difficile à expliquer pour notre plus grand plaisir ! Car cela permet d’avoir des classements particulièrement étranges et difficiles à défendre. A vous de voir :

50. MHD – Bébé avec Dadju (Prod. S2Keyz)
49. Heuss L’Enfoiré – L’Enfoiré (Prod. Kikow)
48. Kekra – J’travaille (Prod. MantraBeats)
47. Disiz – Ulysse avec Eari (Prod. Shady)
46. Gros Mo’ – Dans un délire (Prod. En’Zoo)
45. Ikaz Boi – Ganja avec 13Block et Ateyaba (Prod. Ikaz Boi)
44. Bohemian Club (avec Népal) (Prod. Goomar)
43. Kery James – A la Ideal J (Prod. Fleetzy)
42. Scylla & Sofiane Pamart – Solitude (Prod. Sofiane Pamart)
41. Key Largo – Teletubbies (Prod. Penacho)
40. Tengo John – Entier (Prod. Kudasai)
39. Vald – Réflexions basses (Prod. Seezy)
38. Médine – Tellement je t’m (Prod. Proof)
37. Jul – Hallelujah (Prod. Jul)
36. Di-Meh – Ride (avec Romeo Elvis) (Prod. Sear Cabe)
35. S.Pri Noir – Papillon (Prod. Biggie Jo)
34. Gringe – Scanner avec Lea Castel (Prod. Léa Castel, SoFly & Nius et Yoan Chirescu)
33. Jok’air – TSN (Prod. Thomas André, Pepside et Tommy Djibz)
32. Izen – Wanderland avec Iris & 8ruki (Prod. Izen)
31. Ateyaba – Rock With you (Prod. Ikaz Boi)
30. Zippo – Google (Prod. Le PDG)
29. Koba laD – Ténébreux #1 (Prod. JEWFY)
28. Columbine – Teen Spirit (Prod. Osha)
27. Infinit’ – Tout le faire gang (Prod. Dojo the Plug)
26. Veerus – Jacques Chirac 2.0 (avec Caballero, Infinit’ et Veust) (Prod. Just Music Beats)

 

Le Top 25 de 2018 : 

 

25. alt-J – 3WW (Lomepal Version) (Prod. Charlie Andrew)
Depuis que Lomepal ne rappe quasiment plus, sa côte de popularité a considérablement grandi. Et pour cause, le rappeur lambda est devenu un chanteur impressionnant dans sa maîtrise vocale et dans sa capacité à imager un texte. Sur sa version de « 3WW » de alt-j, présente sur l’album Reduxer, Lomepal raconte l’absence de l’être aimé de façon à ce que rien sur Terre ne soit plus tragique que cette dernière. Et c’est le cas, le temps de la durée de la piste. Nous sommes en 2018 et Lomepal est devenu ce qu’il aurait dû être.

24. Myth Syzer – Austin Power avec Lolo Zouaï (Prod. Myth Syzer)
En 2018, Myth Syzer amène de la fraîcheur. Par ses beats et ses mélodies un peu guillerettes sur Bisous, et par ses choix de collaborateurs ! Parmi ceux-ci, Lolo Zouaï sort assez largement du lot et amène un R&B cool, suave et festif à la fois sur « Austin Power ». Il en va sans dire que la chanteuse de San Francisco sera l’une des artistes à suivre en 2019. Nous sommes en 2018 et personne n’est plus cool que Lolo Zouaï.

23. Orelsan – Rêves bizarres avec Damso (Prod. Skread)
Une collaboration au sommet de la hiérarchie de la chanson francophone est toujours un évènement, bien qu’elles soient, pour notre plus grand plaisir, de plus en plus fréquentes. Ainsi, la sensation est tout à fait réelle quand Orelsan invite Damso pour un titre à l’énergie folle, motivée par les coups bas et les mauvaises intentions des personnes rencontrées sur leur chemin vers la gloire. Les deux rappeurs nous ayant beaucoup habitués à des morceaux ouverts, la satisfaction est d’autant plus grande que ces derniers rappent deux couplets de très haute volée. Petit bémol : l’incroyable clip d’Adrien Lagier et d’Ousmane Ly outshine presque la version audio. Nous sommes en 2018 et le sommet du rap francophone se porte très bien.

22. Georgio – Dans mon élément avec Isha (Prod. Myd et Tom Fire)
Toujours habité d’une grâce poétique ineffable, Georgio fait sur ce morceau ce qu’il fait sans doute de mieux, soit livrer ses états d’âmes, parfois auto-centrés, parfois ayant une portée sociale plus large. « Dans mon élément » réunit le 18ème et Bruxelles, puisque Isha, un autre genre de manieurs habiles de la langue française, ajoute son grain de sel à cette collaboration d’un raffinement certain. Nous sommes en 2018, et la peine de tout un chacun trouve son écho dans les rimes de Georgio et de Isha.

21. 13 Block – Calibre (Prod. Ikaz Boi)
La trap française a trouvé ses rois. Le quatuor du 93 qu’est 13 Block a écrasé la concurrence via Triple S, aussi savant qu’un Savage Mode, aussi cool qu’un Culture. La science des mélodies de DeTess donne l’un des morceaux les plus entêtants de l’année, bien aidé par les productions d’Ikaz Boi, toujours plus inspiré que la veille. Nous sommes en 2018 et la trap sevranaise est à son apogée.

20. Lefa – Insomnie avec Abou Tall (Prod. Dany Synthé)
Quand Lefa rappe, la francophonie écoute. Même si le rappeur de la Sexion D’Assaut se fait de moins en moins rare ces derniers temps, ses albums sont, à juste titre, vus comme une occasion exceptionnelle d’entendre l’une des voix les plus inspirantes des dix dernières années en France. Accompagné d’un Abou Tall en très grande forme, Lefa conte ses errances nocturnes, teintées de mélancolies et habitées par une certaine détermination. Nous sommes en 2018 et Lefa est toujours une source d’inspiration.

19. A2H – Nudes (Prod. Ohleogan et A2H)
Sur « Nudes » A2H continue de s’affranchir du format classique d’une musique rap et continue également de célébrer la beauté de la Femme, celle mise en avant le plus chaudement possible sur son album intitulé L’Amour. On parle beaucoup de ces photos/vidéos envoyées aux rappeurs pour évoquer une forme de « puterie ». Ce n’est nullement le propos d’A2H. La femme est libre, belle et remplit de joie le cœur du rappeur le plus cool de France. Nous sommes en 2018 et les Nudes réchauffent les cœurs.

18. Nemir – Saint-Jacques (Prod. En’Zoo)
Puisque l’on se retrouve constamment abreuvés de nouvelles sorties musicales, certains artistes ne pensent qu’à réduire le délai de sorties entre deux projets et finissent nécessairement par faire de mauvais albums. A l’opposé le plus total de ceux-ci se trouve Nemir, auteur de l’un des projets les plus salués de la décennie avec Ailleurs et d’une quantité de collaborations extrêmement bien senties avec Kacem Wapalek, Nekfeu ou Youssoupha. Malgré tout le buzz autour de lui, Nemir prend son temps et le temps semble lui donner raison. « Saint-Jacques », sa dernière pépite en date nous propose de faire le tour de son Perpignan à lui, ensoleillé, jovial, maladroit et mélancolique. Ceux qui n’ont pas compris pourquoi le rappeur s’est fait trop rare ces dernières années comprendront instantanément en écoutant le morceau. Nous sommes en 2018 et le temps est du côté de Nemir.

17. Sofiane et Kaaris – Empire (Prod. DIIAS)
Sofiane a fait énormément pour le rap français en très peu de temps… Il a donné à de jeunes artistes tels que GLK ou Soolking une visibilité importante, a permis à d’autres de se révéler grâce à « Rentre dans le cercle » et a permis au 93 de son cœur de rayonner plus que jamais grâce à 93 Empire. Mais s’il y a une chose pour laquelle on doit particulièrement remercier Fianso cette année, c’est d’avoir réveiller Kaaris ! Le rappeur le plus énervé de Sevran concoctait trop de hits faciles pour satisfaire ses fans les plus hardcores et cette réunion avec l’Affranchi était l’occasion de leur donner de quoi se sustenter. Le résultat est abominablement exquis, le couplet de Kaaris est d’une violence sublime, à nous en rappeler la rage qui l’animait en 2013. Et le couplet de Sofiane égale ce niveau d’ignominie pour notre plus grand plaisir. Nous sommes en 2018, Sofiane est partout et Kaaris est de retour ! (?)

16. SCH – Skydweller (Prod. Katrina Squad)
L’une des meilleures choses qui soit arrivée en 2018 est évidemment la réunification entre SCH et Guilty de Katrina Squad. A l’écoute de JVLIVS, on comprend l’importance de cette alchimie, de l’authenticité que Katrina Squad apporte aux images de SCH et de la pertinence de ses images sur des productions chaudement inspirées du bassin méditerranéen. « La valeur qui régit le monde, c’est le temps, pas l’argent ». La Rolex Skydweller est au centre du conflit de SCH dans cet album profondément autobiographique : faire de l’argent afin d’en profiter avec ses proches, voir ses proches partir en prison ou dans l’au-delà, rester seul, Rolex au poignet, comme menotté par son propre matérialisme… SCH a rarement été aussi fascinant que lors de ces quatre prodigieuses minutes. Nous sommes en 2018 et SCH est devenu la fusion entre Savastano et Sandra Paoli.

15. Shay – Jolie (Prod. Pyroman)
On attendait son retour et elle a absolument respecté nos attentes. Sans même parler du clip impressionnant de « Jolie », la musique de la rappeuse belge est une évidente réussite pour au moins deux raisons : la première étant qu’elle nous rappelle à quel point celle-ci est une rappeuse extrêmement douée, jouant plus sur son énergie que sur ses qualités techniques. La deuxième, malgré ce qu’en pensent ceux qui la tancent pour son éviction du 92i, c’est que Shay a tout pour être une star ! Le charisme, la vision, la patience… Un peu plus de productivité, et Shay aura de quoi s’asseoir sur un trône qui semble n’attendre qu’elle depuis « Cruella » ! Nous sommes en 2018, et comme en 2017, Shay n’a pas dit son dernier mot !

14. Isha – Rien (Prod. BVL)
Chaque piste de La vie augmente vol. 2 est un témoignage fort d’Isha. L’artiste qui dit faire du rap lifestyle est l’un des plus impudiques, narrant comme peu savent le faire la misère ou la tristesse face à la perte d’un proche… De plus, le OG bruxellois incorpore le chant de manière élégante, comme sur « Rien », hymne à sa vie d’avant, à l’époque où le matériel lui faisait défaut. Les images fusent, le flow aère une production remuante et nostalgique de BLV. Isha noue un lien très spécial avec ces sonorités africaines, et en fait un hymne revanchard et personnel plutôt qu’une zumba indigeste. Espérons que certains de ses confrères suivront son exemple. Nous sommes en 2018 et la vie ne cesse d’augmenter pour Isha.

13. Caballero & Jeanjass – La lettre pt. 2 (Prod. Le Seize)
Caballero & Jeanjass n’ont toujours pas perdu leur capacité à nous émouvoir. Double Hélice 3 a beau être globalement décevant, le duo belge le termine en grande pompe, via un storytelling inspiré par Booba et Ali. Dans un morceau datant de 2014, intitulé « Toute bonne chose », Caba imaginait sa fin de carrière ratée dans un spleen à la limite du soutenable, couché sur une instru de Jeanjass. Quatre ans plus tard, les deux mêmes protagonistes changent complètement de scripte et envisagent cette fin de carrière de manière sereine, modeste et humble. Le chemin parcouru en très peu de temps par ces deux personnages ne peut que donner le sourire. Merci le streaming ! Nous sommes en 2018 et Caballero & Jeanjass achèvent une trilogie presque parfaite.

12. Freeze Corleone – Fredo Santana (Prod. Flem)
Grâce à son dernier projet en date, Projet Blue Beam, Freeze Corleone est devenu une personnalité encore plus respectée et plus identifiée qu’auparavant en France. Ce dernier n’a pourtant pas changé son fusil d’épaule, mais a affiné ce qui faisait sa particularité. Avec quelques facéties supplémentaires, dont le morceau « Fredo Santana », hyper saturé, aussi abrasif qu’entêtant. La qualité lyricale pure du joyau du 667 est légèrement mise de côté pour laisser place à un turn-up jouissif, à la mémoire de son confrère de Chicago, disparu il y a un peu moins d’un an. Nous sommes en 2018 et nous sommes dans le piège. Nous nous sentons comme Fredo dans la cuisine.

11. Rohff – Dr. Dre (Prod. Blastar)
Sur le dernier album de Rohff nous est illustré de manière très claire la nuance entre quelque chose de vieillot ou de « Old School » et quelque chose d’intemporel. Le rappeur français le plus proche spirituellement de 2pac ressort les Cheviy6-4 et fait bouncer les lascars à l’aide d’une bonne vieille sirène West Coast « à la Dr. Dre ». Au-delà de ça, le côté performeur qui a toujours été dans son ADN se ressent sur chacun des trois couplets, aussi fins qu’agressifs. Rohff nous avait manqué. Nous sommes en 2018 et l’un des meilleurs rappeurs de l’hexagone rappe toujours.

10. Damso – Festival de rêves (Prod. Benjay)
Il y a des morceaux que l’on comprend dès la première écoute, où toutes les intentions des artistes sont parfaitement claires. Il y en a d’autres que l’on pourrait écouter mille fois sans ne rien comprendre et ce, malgré les explications plutôt claires de l’auteur. Il en va sans dire que « Festival de rêves » appartient à la deuxième catégorie, sans pour autant que l’on ait à s’en plaindre. Le caractère ineffable, insaisissable caractérise plutôt bien l’univers de Damso, cette musique, aussi aérienne que souterraine ne semble pouvoir venir que d’un seul homme. Nous sommes en 2018 et nous savons tous que le mot « Lithopédion » existe.

9. Slimka – George de la Dew (Prod. TaeminTekken)
Qu’y a-t-il de plus fun qu’un morceau de Slimka en 2018, sinon peut-être une compilation de dunks de Giannis Antetokumpo ? Le MC suisse s’amuse de plus en plus, et les récents morceaux et freestyles ne font qu’appuyer cette impression. Sur NoBad Vol. 2, Slimka s’amusait déjà énormément en narrant la manière qu’il a de se préparer pour ses sorties nocturnes. « J’enfile caleçon propre, j’allume pétard » ! Sinon, le refrain est un couplet, les couplets sont des ogives, et l’ogive vient toujours de Nevjuice, ville la plus remuante du monde. Tout ça, juste grâce au Superwak. Nous sommes en 2018 et il faudrait dire merci tous les jours à Slimka. Et bouger la tête comme personne.

8. Dosseh – La rue c’est rasoir (Prod. BBP)
Digne successeur du grand morceau qu’était « 25 décembre », « La rue c’est rasoir » va même un peu plus loin que le morceau issu de Yuri. Dosseh y place un contexte, une rencontre entre amis de longue date, lui permettant de raconter une vision d’Orléans très peu représentée auparavant. On est bien sûr très content que les carottes pop de Dosseh aient si bien marchés, mais on est jamais autant heureux que quand ce dernier rappe sans s’arrêter, faisant valoir son bagout, sa qualité lyricale et son flow trap, qui respire autant qu’il ne rebondit. Dans ces (rares) moments, Dosseh peut rapper mieux que n’importe lequel de ses confrères. Nous sommes en 2018, et on aimerait que Dosseh nous « habitue » à la rue c’est rasoir.

7. Jazzy Bazz – Parfum (Prod. The Hop Music) 
Pour son deuxième album, Jazzy Bazz a décidé d’aller à contre-courant et de suivre l’influence « jazzy » de ses amis Loubensky ou Dijor Smith. Si aucun des morceaux de l’album ne ressemble à un morceau de 2018, « Parfum » ressemble clairement à une musique intemporelle. On y aime la nostalgie, le panorama coloré que les mots de Jazzy Bazz parviennent à peindre et les odeurs qu’on croiraient presque sentir tant elles sont vivement racontées par le rappeur du nord de Paris. La synesthésie à son meilleur. Nous sommes en 2018 et toutes les odeurs du monde de Jazzy Bazz ont leur musique.

6. Kalash Criminel – Sombre (Prod. Double X) 
Depuis 2016 et « Arrêt du coeur », Kalash Criminel a parfaitement su cacher son jeu. Pendant tout ce temps, ce dernier ne montrait qu’une infime partie de sa palette de rappeurs, celle du jeune de cité un brin tête brûlée. Son premier album est infiniment plus complexe, parle autant de maux géopolitiques que des pleurs de son père ou de la disparition de son frère. Les ad-libds qui ont toujours marqué la singularité du rappeur sevranais sont très justement utilisés, comme des signatures qui complèteraient et valideraient les phases de Crimi. Sur « Sombre », où il est question des « conséquences » terribles des « jeux » de cités, la maturité de son auteur est particulièrement criante, tant sur le plan intellectuel que musical. Nous sommes en 2018 et Kalash Criminel prend beaucoup d’épaisseur.

5. PNL – A l’ammoniaque (Prod. IBO, Sam H et Anaika)
De base, quand PNL sort un morceau, la France s’arrête de respirer. Le duo a su se faire rare depuis leur dernier album et la tournée qui l’a suivi et chacune de leur apparition est l’occasion d’une communion poignante entre leur large public. On ne parlera pas ici de l’incroyable clip de Kim Chapiron, mais seulement de la musique, de cette guitare sèche méditerranéenne incroyablement audacieuse et des mélodies martiennes qui s’échappent des lèvres d’Ademo et de NoS. Sans complètement se réinventer, PNL trouve de nouvelles manières d’émouvoir son auditoire, le spleen étant toujours le mot vedette, apposé à chacune de leurs sorties. PNL nous donne envie d’être triste. Nous sommes en 2018, et le prochain album de PNL est plus attendu que Detox.

4. Rim’K – Air max avec Ninho (Prod. RDS) 
Le trait d’union entre l’ancien du 113 et le nouveau grand rappeur francilien ne pouvait qu’être une paire de Nike classique. Cet été, Rim’K et Ninho ont été unis le temps de créer le banger le plus entêtant et le plus efficace de l’année. La nonchalance déconcertante de Ninho, qui marche sur l’eau depuis plus d’un an maintenant, est de bon augure en attendant la sortie de son deuxième album, prévu pour 2019. Quant au tonton… Inutile de s’en faire pour lui. Nous sommes en 2018 et les Air Max sont définitivement indémodables.

3. Dinos – Helsinki avec Yseult (Prod. Steph’one et Dinos)
Il y a deux ans maintenant, NZS constatait avec joie que les interdits moraux effrayaient de moins en moins les rappeurs, et que ces derniers avaient de moins en moins peur d’avouer leur fragilité. En 2018, Imany, dans son entièreté appuie notre thèse, qui, on l’avoue, n’avait rien de révolutionnaire. « Helsinki » la sublime, même. Jamais la sensibilité d’un rappeur ne s’était tant fait sentir sur un beat, qui rappelle, sans doute à cause de ses drums, « Sing about me » de Kendrick Lamar. Dinos raconte ingénieusement son après-rupture, sans fioriture ni artifice. Des mots simples d’une personne qui souffre. Et une bonne dose de brio. Nous sommes en 2018 et Dinos est un gros fragile en plus d’être l’un des meilleurs rappeurs du pays. 

2. Alpha Wann – Ça va ensemble (Prod. Hologram’ Lo et VM The Don)
Les critiques extrêmement positives autour de UMLA reposent majoritairement sur le niveau de rap de son interprète. A juste titre. On n’oublie très peu de rappeler à quel point le rappeur un brin « revivaliste » d’antan a réussi à réactualiser son rap, notamment grâce à ses producteurs, mais aussi grâce à son regard très avisé sur le rap dans sa globalité. Pour autant, Alpha Wann ne chante pas, au contraire, il ne fait que de rapper ! Plus de 6 minutes de rap non-stop subliment les changements d’instrumentaux monumentaux de « ça va ensemble ». Envoyer du style, cracher du feu, Alpha Wann a toujours su le faire. Il a également, et on le dit moins souvent, toujours su écrire de manière introspective et sensée, sans pour autant sortir les violons. Aucune seconde n’est de trop dans ce chef d’œuvre de morceau rap, aussi stylisé qu’instinctif. Nous sommes en 2018 et UMLA et « classique », ça va ensemble.

1. Soolking – Guerilla (Prod. DIIAS) 
A une époque où l’on questionne sans arrêt la frontière entre le rap et la chanson, la zumba ou la « pop urbaine », Soolking est apparu comme un point d’exclamation survolant les interrogations. Sa musique, aussi hybride qu’innovante a tout de suite suscité un vif intérêt, la faute, notamment, à « Guerilla ». Cet hymne, violent et plein de compassion à la fois célèbre un panafricanisme pur doublé d’une rage de vivre et de s’affranchir de la misère promise aux immigrés, fils d’immigrés et, plus largement, aux personnes les plus démunies du globe. Nous sommes en 2018, et « la mélodie des quartiers pauvres » a son sequel.

0. Vegedream – Ramenez la coupe à la maison (Prod. Ken « Evasion » Bora)
Nous sommes en 2018 et LA FRANCE EST CHAMPIONNE DU MONDE !!!

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