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Quelle gifle sonore ! Je vais me hâter de déféquer cette chronique pour votre plaisir chers lecteurs.

Banger 2, c’est sonorement un cran au dessus du premier volet. C’est légèrement plus abouti. Pourtant, les producers sont majoritairement les mêmes: la marque de l’endossement sonore est GoFastMusik en grande partie, à quelques dérogations près, comme c’est le cas de « Rap Game » (Hall F prod), « Mandela » (D.R. prod), « JNCQC » (Hall F prod)

Plus encore, Mac Tyer nous prouve qu’il a de la ressource dans sa manière de rapper : son flow, ses rimes, son attitude… y a un léger quelque chose, sur lequel je ne saurais mettre de mot, de plus conséquent que la première édition, qui était déjà très bonne.

Sur certains morceaux, on sent un style très emprunt à quelques rappeurs des states en vogue : Future, French Montana, Juicy..
A la française, évidemment ! Vous y ajoutez l’esprit revanchard, la mélancolie, la rage, la rue, la réflexion, l’introspection, la tristesse… tout cet enchevêtrement vous donne K.R.E. dans toute sa splendeur.

Vous le discernerez, Mac Tyer sait exploiter toutes ses qualités de rimeurs au service de la tendance :
du style trap music/egotripes : « JNCQC », « Chemise À Carreaux »
à un délire posé, réfléchi/mélodieux : « Mandela » / « Tu Sais Qui Je Suis »
Y a finalement pas d’écart de niveau, ce sont des styles différents auxquels ils s’adonnent avec perfection.

Côté featuring, davantage que dans le premier volet, ça bonifie le projet. Même si je me serais bien passé de NJ sur « Instinct De Caïra », le message est bien perçu. Quant au reste, c’est du gros travail à l’image de « Toujours Tarco » (featuring Rim-K) dernière exclue avant la sortie de l’album.

Banger 2 commence avec « Rap Game ». Une énergie semblable à celle sur le morceau « Hustler » qui ouvrait les portes du précédent volet

Insouciance, non-chalence, haine..plus rien n’arrête Mac Tyer ! la frustration, la rage, des sentiments qu’il ne connaît, malheureusement, que trop bien et qu’on lui reconnaît de savoir exploiter à merveille dans sa musique. Cet alliage des différents sentiments donne un son comme celui ci. Enfin, pour citer une ligne qui résume la teneur émotionnelle du morceau :

« Si je descends les armes, c’est qu’ici personne n’a partagé ma peine. » #OnSenBatLesYeuCou #RapGame

Le constat est le même pour l’ensemble des morceaux, sur le plan émotions/sentiments. Mais l’aboutissement, comparé au volume 1, est surtout dans la qualité des instrus et la diversités des univers créés sonorement parlant

GoFastMusik nous convainc à mesure qu’on écoute leurs réalisations, et les doutes concernant leur polyvalence disparaissent de tracks en tracks. Ainsi, « Tu Casses Tu Payes » raisonne très dirty south.

« La sère-mi c’est rien ça y est j’suis immunisé,
Trop d’années de car’-pla, j’suis déshumanisé. »
#TuCassesTuPayes

Conscient des risques auxquels on d’expose pour assurer la survie. On assume les conséquences quoi qu’il arrive. C’est la dure loi de la rue.

L’impact d’un son comme « Hustler » avait retenu mon attention, c’est plaisant d’en retrouver un, sur ce deuxième volet, structuré pareil : « Hommes d’Affaires », cette fois ce sont les hommes d’affaires, les malfrats en costard qui sont invoqués sur le refrain.

« Où sont les hommes d’affaires, tu regardes ma poche
Pourtant, je t’ai arrangé..
Je t’ai arrangé mais, où sont les hommes d’affaires ?
Ce negro compte prendre son gen’-ar normal, en me marchant sur la tête ! […] classe S… costume…trois pièces…negro, où sont les hommes d’affaires ? »

Son attitude #JeMenBatsLesYeuCou, je l’affectionne de plus en plus. Son je m’enfoutisme très prononcé marqué par sa non-challance dans sa manière de poser sa voix sur les prods et qui lui a valu un franc succès sur Twitter avec son fameux « oui bien sûr »

« Dans Mon Lit », lourd instru grinçant sur lequel Mac Tyer rêve de toutes les femmes du monde, sans critère précis (ou pas, « gros cul et hanches sublimes » seulement, mesdames. C’est la base des filles dont il rêve)
Pour finir sur ce magnifique :

« On s’en bat les couilles des meufs que j’bifle, frère ! »

Pour ce qui est emprunt au style US, parlons du fameux son de Mike Will x Miley Cyrus x Wiz Khalifa x Juicy J

Le je-n-connais-que-ça sonne comme le js-on-my-feet

Un flow qu’il se réappropri à sa manière.

Pour les fans du pathos, le tiraillement d’émotions, la mélancolie, le bon Mac Tyer qu’on connaît déjà « Mandela », « Abîmé », « Trixma » c’est souvent le genre de sons où lyricalement, So se transcende, et ces trois morceaux obéissent à la règle.

Je vais me répéter, mais Banger II a une odeur de souffre, il est clairement beaucoup plus abouti que le premier volume : dans le flow, l’attitude, les rimes, les sonorités diversifiées.
Tous ces ingrédients donnent un rendu très consistant, et on constate surtout une belle harmonie entre chaque morceau. Très très peu de faux pas, les featurings, bien que plus nombreux que sur le premier volet, sont tout aussi bien huilés.
Une constance, une régularité et polyvalence folles qui attestent d’un niveau confirmé sur 19 titres.

9/10

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