Le Top 50 du Rap Francophone 2017

Comme chaque année depuis quelques temps maintenant, le rap francophone vit particulièrement bien. Aux cinq coins de l’hexagone ainsi que dans les autres zones francophones, la musique préférée des français est honorée, bien traîtée et particulièrement plurielle.

Ce top 50 va tenter de mettre en avant la grande pluralité de notre rap, en passant par plusieurs villes, plusieurs pays et de plusieurs courants musicaux différents. On honore également les comebacks réussis, comme celui de MC Solaar et les talentueux newcommers, comme Moha la Squale ou REEF.  De la même manière, les artistes les plus exposés sont présents dans ce top comme ceux un peu plus boudés par les médias.

Quelle playlist, quel grand mouvement que celui du rap francophone.

PREMIERE PARTIE : Les autres sons :

50. Medine – Nour – Enfant du destin (Prod : Proof)
49. Tengo John – Trois sabres Pt. 3 (Prod : Ocho et Yaska)
48. Tito Prince – L’alliance Baby (Prod : Tito Prince?)
47. Krisy – Mélodies (Prod : Freakey!)
46. Deen Burbigo – Fauché (Prod : Chilea’s et Krisy)
45. MC Solaar, Maureen Angot – Super Gainsbarre (Prod : Black Rose Corporation)
44. Hornet la Frappe – Maghrébin (Prod : BBP)
43. Niska – La Wewer (Prod : Double X)
42. Jul, Kalash Criminel – Putain de braquage (Freestyle Skyrock) (Prod : Jul)
41. Sneazzy, Veerus – Périmètre (Prod : Narcos & Heinzenberg)
40. Jorrdee – Mamen (Prod : Jorrdee)
39. Keny Arkana, VA – De L’Opéra à la Plaine 3 (Prod : K-Zba)
38. Ichon, Jeune LC – Demain (Prod : Myth Syzer)
37. KPoint – Légende (Prod : Syger et Christopher Genda)
36. Joef – Triste Constat (Prod : Fogsprod)
35. Laylow – Digital Vice city (Prod : Mr. Anderson)
34. 13Block – Somme (Prod : Ikaz Boi)
33. Danitsa, Di-meh, Slimka – Seven up (Prod : Vie D’Ange)
32. Siboy – Al Pacino (Prod : The Bone Collector et Soulaymane Beats)
31.Moha La Squale – Papa Noël ( Prod : ?)
30. Davodka, Demi-Portion – Garder le cap (Prod : Shadow Light)
29.Viez, Mokless, Koma – Humour noir (Prod : ?)
28. Triplego, Prince Waly – Cali (Prod : Triplego)
27. Hugo Tsr – Les vieux de mon age (Prod : Itam)
26. Lucio Bukowski – Pour le plaisir (Prod : Scratch Bandits Crew)

Les 25 meilleurs morceaux de rap fr de 2017

25. Danny Synthé, Davido, Shay – Too Good to you (Prod : Danny Synthé)
Jolie Garce a beau avoir été décoré d’une jolie certification dorée, l’année de Shay a tout de même due être frustrante. Beaucoup d’histoires extra-musicales, une rupture (temporaire ou non ?) avec le 92i mais toutefois aucune raison de ne pas faire la fête. Sur une prod de l’inévitable Danny Synthé et accompagnée du hitmaker Nigérian Davido, la Belge lâche tout de même son meilleur couplet de l’année dans une ambiance frénétique. Nous sommes en 2017 et Shay n’a pas dit son dernier mot.

24. Sofiane, Hornet La Frappe, GLK et YL – Le Cercle (Prod : L’Adjoint)
Un film en préparation, des apparitions dans tous les clips de rap français et tous les freestyles de Planète rap, des marches et concerts organisés en la mémoire d’Adama Traoré et contre les brutalités policières, deux albums et un nouveau format de vidéo fédérant le rap français comme jamais. Si l’on prend tout cela en compte (sans compter ses nombreux featurings), on ne peut qu’admirer Fianso, l’agitateur numéro un du rap en France. « Le Cercle », avec ses Usual Suspect Hornet La Frappe, GLK et YL est une des nombreuses performances marquantes du nouveau boss de la DZ Mafia (Zizou étant toujours et à jamais le saint patron du mobb). Nous sommes en 2017 et ça se bastonne violemment dans le cercle !

23. Romeo Elvis, Le Motel, Angèle – J’ai vu (Prod : Le Motel)
L’un des grands gagnants de 2017 est sans nul doute Roméo Elvis. Le prophétique « Bruxelles Arrive » a lancé une année 2017 fulgurante pour le rappeur que l’on a vu à peu près partout ! Morale 2, son nouveau projet entièrement produit par Le Motel révèle également Angèle, dont la voix de velours évapore le mal selon les dires de son grand frère. Car oui, « J’ai Vu » est une musique où le grand frère et la petite sœur se réunissent pour évoquer les récents tourments de la vie de l’une des nouvelles têtes d’affiches du rap francophone. Nous sommes en 2017 et le rap, c’est (toujours) une affaire de famille.

22. Alkpote, VALD – Plus haut (Prod : Beebs et Seezy)
Alkpote et celui qu’il appelle « L’élu » rappent sans limite pendant plus de 6 minutes. Que dire de plus ? Le maître, l’élève, la furie, la rime, le débit, le flow, les placements… Tout est mieux quand Alkpote et Vald le font. Malgré l’incroyable performance du rappeur du 93, il faut toutefois noter une légère domination de l’empereur de la crasserie. Nous sommes en 2017 et L’empereur sera l’empereur à tout jamais.

21. Lomepal, 2Fingz – Lucy (Prod : Stwo)
Le premier album de Lomepal était teasé depuis des années, bien que celui-ci ait toujours prévenu son monde : il ne sortirait que quand son auteur le considérerait parfait. La recherche de la perfection paie, Lomepal n’a jamais été un personnage aussi entier que sur ce disque. Dans l’un des grands moments qu’offre FLIP, Lomepal déroule le tapis rouge à un pass-pass exceptionnel du duo 2Fingz, qui ponctue ce morceau désabusé de manière phénoménale. Nous sommes en 2017 et la 75e Session nous cache encore bien des choses.

20. Veerus – Présidentiel (Prod : Ikaz Boi)
« Moins on m’voit, mieux j’me porte/ J’ai jamais entendu la voix des mecs en couverture du Forbes ». La discrétion est de mise dans la carrière de Veerus, et c’est absolument regrettable. Parce qu’il est l’un des rimeurs les plus aguerris de l’hexagone, dans un premier temps mais également car son EP Mercure, entièrement produit par Ikaz Boi est un bijou, brillamment taillé par les deux compères. Il suffit d’écouter « Présidentiel » et son break-down jazzy pour se rendre compte de l’expertise et du style du duo. Ecoutez Mercure. Nous sommes en 2017 et Veerus marche sur l’or à chaque pas.

19. Kalash, Damso – Mwaka Moon (Prod : Pyroman)
« Où est-ce que le clip a été tourné ? » demande un journaliste Medhi Meizi sur oklm radio : « Sur la Lune », répond Kalash. Difficile d’en douter tant cette musique semble venir d’ailleurs, tant les deux performances vocales sont incroyables. Kalash a eu une inspiration étonnante sur le refrain tandis que Damso fait ce que Damso a fait tout au long de l’année 2017 : Entamer son couplet de manière percutante et le conclure de manière sensationnel. Nous sommes en 2017 et la Lune est dans notre viseur.

18. Al’Tarba – Vîrus – La nuit se lève (Prod : Al’Tarba)
« La nuit se lève » conclut l’excellent album du même titre d’Al’Tarba, producteur atypique doté de multiples inspirations flippantes. La nuit est au centre du disque et Vîrus est le seul rappeur francophone à poser sa voix sur les instrumentales du producteur toulousain. Vîrus fait plus qu’honorer Al’Tarba, il sublime son travail et crache un texte incroyable, crée des mots porte-manteaux judicieux et décrit une nuit cauchemardesque dans lequel il se sent presque à l’aise. « La nuit, on s’regarde chelou comme un lendemain d’élections ». Nous sommes en 2017 et personne ne veut croiser Al’Tarba et Vîrus dans la nuit.

17Orelsan, Stromae – La pluie (Prod : Stromae)
Plus que jamais en 2017, Orelsan est vieux. Déjà vieil adolescent à ses débuts, le rappeur Caennais devient adulte, arrête de tromper sa meuf, d’insulter celles qu’il voit comme inatteignable, arrête également de cracher sur sa ville de cœur. Bien au contraire, accompagné de Stromae, Orelsan interprète l’un des plus beaux morceaux de sa carrière avec « La Pluie ». La plus belle chanson d’amour de l’album n’est pas « Paradis », mais bel et bien cette piste, simple dans sa technique, riche dans l’émotion qu’elle transmet. Nous sommes en 2017 et il fait beau toute l’année à Caen.

16. Hamza – Mucho Love (Prod : Freakey!)
Dans NZS, on aime l’amour, les pas de danses impromptus et les douces mélodies qui les accompagne. Dans NZS, on aime nécessairement Hamza et son évolution. Avant d’être le grand crooner qu’il est actuellement, le jeune Bruxellois était sans doute trop vulgaire pour fédérer un large public. H24 avait finalement mis plein de monde d’accord et sa mixtape de 2017, 1994 ratisse encore plus large. Moins cru, plus smooth, plus Jodeci que Young Thug. « Mucho Love » est l’un des nombreux titres qui a le potentiel de provoquer des pas de danses épouvantables. Et on adore ça. Nous sommes en 2017 et on aime d’amour le Sauce God.

15. Slimka – Self Made (Prod : Eazy Dew)
Difficile de cacher l’amour que l’on a pour Slimka et son approche de la musique complètement neuf. L’un des joyaux de Genève a signalé sa naissance musicale avec No Bad Vol. 1 et risque de faire bien plus dans les années à venir. En attendant, Eazy Dew lui a concocté une instru House sur laquelle le XTRM Boy enchaîne mélodies autotunés, ad-libs et phases rappées, n’en ayant absolument rien à faire de la structure classique d’une musique. Le tout est absolument addictif. Nous sommes en 2017 et Slimka est « sur la route du succès en wheeling ».

14. Booba – Drapeau Noir (Prod : Twinsmatic)
L’hiver est finalement arrivé ! Booba s’est beaucoup montré sur les réseaux sociaux, principalement pour déblatérer des conneries à l’encontre de Rohff, Kaaris et La Fouine, ses contrevenants préférés, sans non plus oublier quelques figures publiques comme Patrice Quarteron, Olivier Giroud ou Didier Deschamps. Il était grand temps que l’hiver arrive, et qu’on se rappelle des raisons qui nous pousse à encore supporter ce grand enfant de Booba. Trône est un bien bel album dont le point d’exclamation survient à l’écoute de « Drapeau Noir ». Plus cru que les autres musiques du disque, on y retrouve toutes les pièces du « puzzle de mots et de pensées » habituelles de notre G.O.A.T francophone. Et c’est évidemment jouissif. Nous sommes en 2017 et à notre grand plaisir ET déplaisir, Booba ne veut toujours pas vieillir.

13.  Niro – Avant de partir (Prod : Therapy)
L’un de nos problèmes majeurs en France, c’est qu’on arrête quasiment tous de bosser pendant l’été. Peu de disques sortent donc dans cet période boudé par les éditorialistes qui préfèrent alimenter le cliché du touriste français détestable plutôt que de garder un œil attentif à ce qui sort. Bien heureusement, Niro a un nom, une notoriété et un poids qui dépasse ce problème. Son double album OX7/M8RE, qui est probablement son plus réussi à ce jour a tout de même eu un impact important malgré nos habitudes de branleurs. Dans la grande tradition des morceaux sans refrain qui nous ont offerts quelques uns des meilleurs moments de rap français, Niro confesse tout ce qu’il a dans le cœur, avec une sincérité poignante, et une interprétation qui lui est propre. Nous sommes en 2017 et on espère que Niro ne partira pas de si tôt !

12. A2H – De Juillet à septembre (Prod : A2H)
On en parle certes pas assez mais A2H est évidemment le plus cool des rappeurs français. En plus d’être l’un des plus productifs de sa génération, en plus d’être l’un des plus techniques, l’un des plus savants dans l’exercice de création, A2H est également celui qui donne le plus du love. Du vrai love, et ce, aussi éphémère soit-il. Pour fêter la plus belle période de l’année, A2H chante sa torride histoire d’amour estivale. Un énième morceau bouillant dans la discographie déjà très caliente du rappeur préféré de ta petite copine. Nous sommes en 2017 et A2H est toujours le roi de l’été.

11. Disiz – Carré bleu (Prod : Yung G)
Un carré bleu, c’est une fenêtre vers un ailleurs, le temps de quelques secondes, quelques minutes, quelques heures. Un carré bleu, c’est tout ce que recherchait le jeune Disiz lors de ses vacances estivales avec ses potes dans le sud de la France. Seulement, Disiz n’est pas comme les autres, et ne s’évade pas de la même manière que ses copains. Le sotry-telling de l’une des grandes plumes du rap français est grandiose et traduit des maux trop souvent tues dans un univers de mâle alpha mais qui, petit à petit, se brise grâce à ce genre de confessions. Nous sommes en 2017 et Disiz distille carrés bleus sur carrés bleus.

10. Gracy Hopkins, Josman – Nyctophobia : Quiproquo (Prod : Earnotik)
Quand Kendrick Lamar et ses compatriotes afro-américains dénoncent le racisme et la brutalité policières, vous pouvez être sûr que les grands médias culturels en France en parleront. Quand il s’agit de deux parisiens un peu plus âgés qu’Adama Traoré, malheureusement, le son de cloches est moins important. Toujours est-il que cette collaboration entre Gracy Hopkins et Josman est réussie car sincère et percutante. Nous sommes en 2017 et la France n’est toujours pas un pays raciste, mais…

09.  Kekra – 9 Milli (Prod : Picard Brothers)
C’est un peu faire offense à Kekra que de le placer dans un top 50 de 2017 alors que le mec est quelque part en 2050. A l’heure où j’écris ces quelques mots, le secret le mieux gardé du 92 doit encore créer des tubes entêtants composés de flows venant d’une autre galaxie. C’est d’autant plus le faire offense que plusieurs morceaux auraient pu figurer dans ce top, mais s’il fallait en retenir un, ça ne pouvait être que « 9 Milli », complètement inspiré de la grime anglaise, et stylisé avec un bagout et un flow n’appartenant qu’à l’homme masqué le plus doué de l’hexagone (no disrespect to Siboy et Kalash Criminel). Nous sommes en 2017 mais Kekra n’est plus en 2017 depuis longtemps.

08. Makala Ginger Juice (Prod : Pink Flamingo)
Les meilleurs morceaux de Makala ne figurent peut-être pas sur ces projets, mais bel et bien sur la toile. Bien que Varaignée et Gun Love Fiction soient d’excellents projets, le rappeur a grand cœur et délivre à intervalles très irréguliers de nouvelles saveurs exceptionnelles. C’est pour Noël que Makala nous fait ce bien beau cadeau, ces pas de danses inimitables et ce phrasé d’une arrogance nonchalante. « J’pense être trop sexy pour m’plier aux règles ». Pink Flamingo, lui non plus n’en a cure des règles et semble créer avec Makala une B.O de film de Blaxploitation futuriste. Et Makala ferait un super Black Dynamite. Nous sommes en 2017 et les danses de Makala mériteraient d’être aussi virales que ceux de Drake dans Hotline Bling.

07. REEF – STOP (Prod : AAyhasis et Astronote)
En 2016, Espiiem annonçait vouloir développer quatre artistes sur son label Orfèvre, en hommage à sa formation originelle du Cas de Conscience. Casaway, Elotomi et Yawill ont certes tous exposé un potentiel remarquable mais c’est bien Reef qui a sorti son épingle du jeu en seulement trois titres. Trois titres = Trois performances, tant dans la singularité vocale du Marseillais, qui chante, propose des mélodies innovantes, rappe avec une technique très 90s et danse dans ses clips sur des chorégraphies époustouflantes. « STOP », son message engagé à l’encontre des forces policières et son clip hallucinant ne pouvait que figurer dans ce top. Nous sommes en 2017 et REEF est le plus grand espoir francophone pour 2018 aux yeux de Yoofat.

06. Loud – Une année reccord (Prod : NeoMaestro)
Tout grand mouvement se doit d’avoir un ambassadeur pour s’exporter. Le Hip-Hop US a Jay-Z la France a Booba, la Belgique a Damso tandis que le rap québecois semble s’être trouvé son porte-drapeau. Issu du groupe LLA (Loud Lary Adjust), Loud a peut-être sorti l’un des meilleurs albums de rap francophone de l’année avec Une Année record. Finement écrit (le franglais est exploité à merveille), cohérent et riche dans sa production, le titre éponyme dudit album est une ode à la réussite telle qu’aurait pu l’enregistrer Shawn Carter. « H to the Izzo, B jusqu’au deux « O »/ Eighteen years old, j’rêvais d’devenir comme eux autres ». Nous sommes en 2017 et Loud a des ambitions et tout ce qu’il faut pour les assouvir.

05.  Isha – Frigo Americain (Prod : Jeanjass)
On a tous des rêves plus ou moins loufoques, plus ou moins claires. On a tous des envies, des choses qui nous tiennent à cœur. Isha est comme nous tous… Il a simplement plus de style que nous, plus de flow que nous et des rêves plus loufoques que les nôtres. Pas de Merco Benz, pas de Rolex, ni même une vie de famille bien rangée… Juste un frigo americain ! Cela peut sembler triviale, et cela l’est sans doute pour nous, mais rien n’est plus important que cela le temps de 2min34 de pur génie. Nous sommes en 2017 et ces putains d’Américains sont trop forts.

04. Infinit’ – Dans le coin (Prod : Dojo The Plug)
Tout comme Veerus, Infinit’ fait parti de ces rappeurs qui préfère la discrétion à la grosse couverture médiatique. Pourtant, tout comme Veerus, Infinit’ est l’un des rimeurs les plus impressionnants du monde francophone. Capable de tout le faire, Infinit’ a surtout réussi à devenir le porte-drapeaux le plus sulfureux de Nice (no disrespect to Hoos et Jason Voriz), voire même de toute la scène sudiste en braillant à tout va NSMLM sur l’EP du même nom. « Dans le coin » regroupe à peu près tout ce que l’on aime chez Inf’, la technique, l’insolence, les excellentes références (on passe de Flaubert à Guy Ritchie en passant par Tarantino en moins de 10 secondes !)  et une attitude propre à ceux qui font baisser le toit en pressant sur un bouton. Nous sommes en 2017 et tout est chaud dans le coin niçois.

03. Caballero & JeanJass – Voler (Prod : Eazy Dew)
Le deuxième volet du meiller buddy movie enfanté par le rap francophone voit de nouveau les choses en grand. Non-contents d’être incroyables dans l’art de l’egotrip, mêlant leur amour du rap à celui du football, de la gastronomie ou de la fumette, Caba et JJ ont aussi la faculté de nous émouvoir. Dans « Voler », les deux Belges quittent la planète et ces horreurs quotidiennes pour rejoindre leur havre de paix musical. Nous sommes en 2017 et Caballero et Jeanjass peuvent tout faire.

02. Jok’air – La mélodie des quartiers pauvres (Prod : Chapo)
L’aventure solo de Jok’air commence par un classique. Dès son premier EP, le vocaliste du 13ème arrondissement délivre l’un des plus beaux morceaux de l’année et sans nul doute sa plus belle prestation vocale depuis le début de son parcours musical. Dans « La mélodie des quartiers pauvres », le jeune MC de Paris Sud incarne son quartier et celui de tous les autres quartiers défavorisés du monde. La voix souffre, mais elle est fière, épaulée par des chœurs qui élèvent la pensée de Jok’air à un autre niveau. Nous sommes en 2017 et les quartiers pauvres ont désormais leur hymne.

01.Damso – Kietu (Prod : Tommy Beats)
Difficile de résumer en quelques lignes l’impact colossal qu’a eu Ipséité sur l’année 2017 dans la francophonie. Damso a fait bien plus de sale que ce que tout le monde pensait humainement possible en ne faisant rien d’autre que de se raconter. Bien qu’exceptionnel, l’album ne révolutionne pas la musique mais confirme une tendance ; C’est en parlant de soi dans son entièreté, dans sa grande complexité, dans ses détails les plus pertinents que l’on passionne les auditeurs francophones depuis quelques années. De ce fait, le morceau « Kietu » semble être la pierre angulaire du succès du Bruxellois, là où tous les mots et les maux sont avoués quelles que soient leurs cruautés, leurs beautés. Nous sommes en 2017 et nous savons tous que le mot « Ipséité » existe.

Nous sommes début 2018 et le rap se porte toujours aussi bien si ce n’est mieux…

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