Le meilleur des sorties culturelles de 2018 !

« Il n’y a pas que le rap dans la vie ! » C’est un peu vrai, mais c’est quand même faux. La preuve avec ce top 3 subjectif de films, livres, mangas et séries télévisées saupoudré de quelques conseils rapologiques.

Films

  • Le monde est à toi
    De Romain Gavras
    Durée : 1h41

Synopsis : François, ancien dealer originaire de la cité des 4000 cherche à se ranger de sa vie d’avant en devenant le distributeur officiel de Mister Freeze au Maghreb. Cette vie bien rangée qu’il convoite tant a un coup, et une dernière grande mission qui l’emmène en Espagne avec une bande de k-sos le sépare de sa vie de rêve…
Ce que l’on en pense : Rarement a-t-on déjà vu un réalisateur français s’amuser autant des codes de cités à des fins cinématographiques. Romain Gavras parvient à rendre fun les sessions Periscope foireuses, les michtonneuses ou les théories complotistes fumeuses tout en ne perdant jamais de vue un scénario simple mais efficace. Les choix musicaux subliment fortement le premier long-métrage du membre de Kourtrajmé : presque exclusivement francophones, ils se marient brillamment à des séquences quasi instantanément cultes. Daniel Balavoine, Booba et Kaaris, Jul, Laurent Voulzy, ça va ensemble et ce, dans une cohérence francophile rafraichissante.
Recommandations
1- Vous aimerez Le monde est à toi si vous avez aimé Commando de Niska. Le film, aussi lumineux et jouissif que le flow trap rempli d’ad-libs inoubliables du rappeur du 91, réussit à divertir tout en exposant une violence propre au « sud de l’Italie ».
2- Si vous avez passé des heures à essayer de comprendre les théories improbables de Freeze Corleone sur Projet Blue Beam, vous vous reconnaîtrez sans doute dans le personnage de Henri, interprété par Vincent Cassel. Henri n’a pas tout à fait le style du Prof Chen, mais ses bonnes intentions maladroites peuvent rappeler quelques punchlines issus de cet album.
3- La fragilité assumée de François, interprété par Karim Leklou, vous plaira sans doute si l’esthétique développée par Myth Syzer dans Bisous vous a parlé. Pleurer ne lui fait absolument pas honte, et l’amour qu’il porte pour Lamya le rendra finalement plus fort.

  •  The Florida Project
    De Sean Baker
    Durée : 1h51

Synopsis : Dans un motel de la banlieue de Disney World en Floride vivent Moonee, 6 ans et sa mère Halley. Moonee et sa bande de vilains garnements sont de véritables terreurs dans leurs quartiers sans que Halley ne s’en soucie vraiment. Ce qui préoccupe la jeune mère, c’est sa situation précaire et l’exclusion du motel qui lui pendent au nez. A moins de s’en sortir par des moyens détournés…
Ce que l’on on pense : Le contraste entre le cadre de vie paradisiaque des habitants du quartier et leur situation économique est saisissant. La beauté des images ornemente cette terrible tragédie du sud des Etats-Unis, où même les plus pauvres sont invités à consommer et à adopter un mode de vie de stars. Le personnage de Halley est un prototype d’une génération biberonnée à Worldstarhiphop ; fascinée par les faits divers, le sexe et les rappeurs floridiens narrant leur vision de la vie de rêve.
Recommandations
1- La première mixtape de Bhad Bhabie, 15, a des airs d’épilogue enjoué de The Florida Project. Cette dernière a connu la précarité illustrée dans le film et à défaut de la raconter avec ses mots, la raconte par son attitude, son slang ou sa manière d’être.
2- La violence de la pauvreté floridienne trouve son alter-ego musical sur STOKELEY de Ski Mask the Slump God ! On pourrait presque écouter le premier album du natif de Fort Lauderdale et regarder le film de Sean Baker en coupant le son sans perdre une miette du spectacle.
3- Il y a un peu d’Astroworld dans The Florida Project ! On sait que Disney world se situe non-loin de l’hôtel qui abrite les personnages du film et les improbables bêtises de Moonee et de son gang portent en elles l’insouciance et la folie du dernier projet de Travis Scott.

  • Mektoub My Love (Canto uno)
    D’Abdelatif Kechiche
    Durée : 2:55

Synopsis : Mektoub my Love raconte l’été d’Amin, apprenti scénariste/photographe, et de son retour dans sa ville de Sète, là où lui, sa famille et ses amis les plus proches ont grandi. Son cousin, Tony profite pleinement de l’été et surtout des femmes qui l’accompagnent tandis qu’Amin, plus réservé et moins avenant, les contemple d’un œil rêveur.
Ce que l’on en pense : Il est particulièrement étonnant qu’un film au scénario aussi mince et à la durée aussi longue (quasiment trois heures !) se révèle aussi passionnant. A travers les contemplations innocentes d’Amin – qu’on peut peiner à trouver innocentes à cause des accusations autour d’Abdelatif Kechiche – le spectateur se retrouve à admirer un été on ne peut plus banal. La lumière, fabuleusement traité, magnifie le paysage du sud-ouest français. Mention spéciale à Ophélie Bau, qui joue le rôle d’Ophélie, dont la beauté physique n’est pas du tout étrangère à celle du film.
Recommandations
1- La légèreté des amourettes d’été du film rappelle le premier album d’Angèle, Brol. Le thème de l’amour, y est raconté avec un français très familier et n’est pas sans rappeler le personnage d’Ophélie et les confidences qu’elle livre périodiquement à Amin.
2- Parce qu’il aborde lui aussi l’amour de manière très guillerette, Nelick et ses deux projets de l’année (Kiwibunny Tape et Dieu sauve Kiwibunny) se marient plutôt bien à l’ambiance de Mektoub My Love. La femme, souvent célébrée dans ses morceaux tient une place aussi importante que dans le film d’Abdelatif Kechiche.
3- On ne peut pas écrire « été » ou « célébrer la femme » dans un article rap sans penser à A2H ! Naturellement, le rappeur de Melun-nord est dans nos têtes lorsque la plage ensoleillée se remplit de femmes, toutes différentes et toutes belles. Comme celles qu’évoquent A2H dans son album intitulé L’Amour. Spoiler : « Pleurer sur le dancefloor » plus que n’importe quelle musique d’A2H aurait vraiment pu se retrouver dans la BO du film.

Livres

  • Soundtrack
    De Hideo Furukawa
    720 pages

Synopsis : A la fin du XXe siècle, deux enfants se retrouvent, par pur hasard échoués sur une île déserte japonaise. Les deux ans qu’ils passent ensemble sur l’île affectera toute leur existence, même des années plus tard dans un Tokyo dégénéré, succombant, entre autres, au dérèglement climatique. Leur rapport au son sera notamment distordu et fera d’eux des êtres marginaux, attirés par la destruction…
Ce que l’on en pense : L’uchronie racontée par Hideo Furukawa jouit d’une densité rare. Non seulement les personnages sont aussi nombreux qu’originaux, mais les descriptions des univers que rencontrent notamment Touta et Hitsujiko participent aux différents voyages que propose Soundtrack. Les voyages n’ont néanmoins rien de légers, bien au contraire : la vision de vie de l’auteur est à l’extrême frontière entre la misanthropie et la compassion la plus pure. Soundtrack est un ring de boxe dans lequel s’affrontent perpétuellement les émotions les plus antinomiques du lecteur.
Recommandations
1- Si vous appréciez la complexité folle dans laquelle nous plonge incessamment Damso, notamment dans LithopédionSoundtrack peut être un roman référence pour vous. Il est fascinant de voir comment Damso et Furukawa plongent dans la noirceur la plus totale de l’homme afin de raconter ce qu’il y a de plus vrai en eux. Le rendu artistique peut être dérangeant, voire troublant mais il est aussi et surtout très important.
2- Disizilla est peut-être l’album le plus violent, le plus misanthrope que Disiz n’ait jamais crée. Chacun des titres qui le composent traduit ce qu’il y a de plus sombre dans le monde. Du système scolaire au racisme, des absences parentales à nos habitudes alimentaires, tout est à refaire si l’on en croit les paroles du rappeur d’Evry. Soundtrack est d’autant plus intéressant que les thématiques développés par Disiz, qui sont régulièrement soulevées dans la France d’aujourd’hui, ont également leur place dans le Tokyo dystopique du roman. Dans un cas comme dans l’autre, les critiques émises semblent malheureusement de plus en plus juste chaque jour.

  • Boulevard du stream
    De Sophian Fannen
    284 pages

Synopsis : Dans cet ouvrage, le journaliste musical Sophian Fanen retrace les 20 ans de transformation de l’industrie musicale, de 1997 à 2017 en France. De la musique en ligne, avec Napster, aux plateformes de streaming que nous connaissons tous aujourd’hui, tout y est traité à l’aide de nombreuses voix expertes.
Ce que l’on en pense : Boulevard du stream est à la hauteur de l’immense problématique qui est la sienne. En un peu moins de 300 pages, vingt ans d’évolution musicale sont retracés avec beaucoup de justesse. On en apprend énormément sur l’industrie de la musique, mais plus globalement sur toutes les transformations économiques liées au secteur culturel.
Recommandations
Absolument TOUS les rappeurs ne parlent, à raison, que de stream. Ces derniers, comme n’importe quel musicien vivant sous l’ère Deezer, sont tous concernés !

  • Piranhas
    De Roberto Saviano
    368 pages

Synopsis : Dans le quartier de Forcella à Naples, Nicolas Fiorillo et sa bande de copains boutonneux de 14 ans n’ont qu’une seule idée en tête : devenir des personnes puissantes, craintes plus que respectés à l’image des gangsters qu’ils côtoient dans leur quartier et de ceux qui jalonnent leur culture : Machiavel, Mohammed Ali, 50 Cent ou Mussolini sont quelques uns des exemples de cette génération « baby mafieuse » pour qui rien n’est aussi important que la peur qu’ils suscitent chez autrui.
Ce que l’on en pense : On apprend très vite à haïr Nicolas, aka Maharaja, et sa bande de copains. Roberto Saviano n’a certainement pas la plume la plus fine de l’histoire de la littérature – il se peut que cette dernière souffre de la traduction française – mais ce que l’on perd en qualité littéraire pure est largement compensée par la justesse dans le détail du journaliste de formation. Piranhas retranscrit très précisément le phénomène des mafias 2.0, aussi précoces qu’insolentes.
Recommandations
1- Impossible de ne pas penser à Koba LaD lorsque l’on parle de gangsters juvéniles. On sent que l’ambition de paraître menaçant a une place relativement importante dans son processus créatif, et c’est de cette même ambition que se nourrit Nicolas dans son ascension mafieuse.
2- Naturellement, l’incroyable album méditerranéen de SCH, JVLIVS, se marie assez justement au décorum du roman. L’atmosphère dépeinte par les descriptions des paysages et des personnages de Saviano se retrouve dans les productions de Katrina Squad magnifiée par les images du S.
3- Cette précocité de plus en plus forte dans les histoires de société parallèle nous rappelle également le classique de IAM « Petit frère ». Ce dernier déserte les terrains de jeux de plus en plus vite…

Mangas

  • One Piece
    De Eichiro Oda
    91 tomes (en cours)

Synopsis : Cette année plus que jamais, on sent que la folle odyssée de Luffy touche à sa fin. Quelques uns des plus grands personnages du monde pensé par Eichiro Oda (re)font leur apparition, et l’échiquier géopolitique de cet univers semble être en place. Wano Kûni sera le lieu de combats incroyables en 2019.
Ce que l’on en pense : On ne peut pas en dire beaucoup sans spoiler celles et ceux qui ne lisent pas les scans hebdomadairement. Rappelons simplement l’essentiel : Rien n’est plus important que One Piece.
Recommandations
Cette année, comme l’année dernière, un bon gros article avait été consacré à l’oeuvre d’Oda. Sauf catastrophe sismique, un nouvel article de ce genre se fera en été 2019. Avec beaucoup de Wano Kuni.

  •  The Promised Neverland
    De Demizu Pozuka (dessin) et Kaiu Shirai (scénario)
    5 Tomes (en cours)

Synopsis : A l’orphelinat Grace Field House vivent Emma, Ray et Norman dans la candeur la plus totale. Leur routine bien huilée entre tests d’aptitudes et jeux dans le grand jardin de l’orphelinat bascule soudainement lorsqu’ils découvrent le terrible sort réservé aux enfants « adoptés ». Nos jeunes héros vont devoir affronter leur chère et tendre « maman » afin de s’évader. Question de vie ou de mort.
Ce que l’on en pense : L’unanimité entourant The Promised Neverland parle pour elle-même. Le manga était déjà l’un des plus appréciés sur les sites de scans avant d’être édité en France. Plus les pages défilent, plus le mystère s’intensifie. La candeur apparente des premiers chapitres laisse peu à peu la place à un caractère grave et étouffant. Sous son apparence enfantine très bien préservée, The Promised Neverland est un shonen sérieux soulevant des problématiques actuelles autour de notre rapport à la consommation par exemple.
Recommandations
1 – L’image de couverture de XX5, le dernier album de Georgio retranscrit presque à elle seule le sentiment dans lequel sont baignés les protagonistes de The Promised Neverland. L’innocence meurt, il est temps d’affronter des problèmes d’adultes… Avec son style inimitable, Georgio met des mots sur des sentiments mis en images par la dessinatrice Demizu Pozuka.
2- On retrouve la notion d’aventure merveilleuse de The Promised Neverland dans le psychédélique LIFE’S A TRIP. Trippie Redd raconte ses histoires avec les mélodies enchanteresses qui sont les siennes. Un air poétique ressort de cet album introspectif et mystérieux, aussi fascinant qu’une double-page chargé du manga de Kaiu Shirai et Demizu Pozuka.

  •  Monkey Peak
    De Akihiro Kumeta (dessin) et Kôji Shinasaka (scénario)
    4 tomes (en cours)

Synopsis : Afin de resserrer les liens entre membres d’une entreprise pharmaceutique, une randonnée est organisée par le patron de la boîte. Le grand air de la montagne semble faire le plus grand bien à tout le monde jusqu’à ce qu’un horrible singe armé d’une machette ne sème la pagaille en assassinant un des employés. Avec la promesse non-verbale de finir le travail lors de sa prochaine apparition. La survie devient alors l’unique préoccupation de chacun des personnages, révélant ainsi leurs vraies natures…
Ce que l’on en pense : L’intérêt de Monkey Peak réside principalement dans le développement de ses personnages, même s’il est, en partie, assez convenu. L’Eden montagnard devient un enfer cloisonné où chacun réagit de manière très primaire afin de se sortir du pétrin. Les décors sont puissants : beaux, mais angoissants, pittoresques tout en étant terrifiants. Le caractère violent du manga est élégamment reproduit par Akihiro Kumeta, juste assez exagéré pour ne pas trop être absurde.
Recommandations
1- La violence, les pires sentiments humains, le sang, la terreur… On recommande chaudement Monkey Peak aux fans de Kofs ! V, son premier album sorti cette même année a un goût similaire à Monkey Peak : celui de l’être humain dévêtu de sa bienséance, habité par son instinct de survie.
2- On ne sait pas encore si le singe de Monkey Peak est sorti du zoo, mais on est absolument certain que ce dernier n’a aucune peine et nique des races. A chaque fois que l’antagoniste apparaît, le morceau « Zoo » de Kaaris surgit subitement dans nos têtes et nous donne presque envie de voir ce gros singe boire le sang de ses contrevenants.

Séries TV

  • Insecure (saison 3)
    De Issa Rae
    3 saisons (en cours)

Synopsis : Depuis 2016, Insecure raconte le quotidien d’Issa, jeune femme afro-américaine vivant à Los Angeles ainsi que de son copain Lawrence. Entre ses envies de renouer avec son ex et son épuisant travail associatif entouré de blancs bien-pensants, deux choses semblent essentielles à l’équilibre de la future trentenaire : décompresser auprès de sa meilleure amie, heureuse au travail mais malheureuse en amour, et rapper son quotidien devant son miroir !
Ce que l’on en pense : La promesse un peu plate du synopsis de départ est largement surpassé par les ambitions de la série. Plus qu’une sitcom exclusivement romantico-comique, Insecure prend vraiment le temps de détailler ses personnages et nous permet d’avoir accès à un niveau d’intimité rare dans une série télévisée. En filigrane, la série traite plusieurs problématiques très afro-américaines, tout en rendant hommage à leur culture et à ceux qui la font.
Recommandations 
La bande-son d’Insecure fait partie des nombreux points forts de la série. De ce fait, nos conseils n’ont rien de surprenant et sont composés d’artistes mis en avant par la série.
1- Parmi ceux-ci, Frank Ocean et Tyler, the Creator occupent une place importante, étant eux-mêmes des natifs de Los Angeles. L’album Scum Fuck Flower Boy, assez important de par la liberté que s’autorise Tyler dessus, tant dans ses thèmes que dans sa direction artistique s’inscrit avec beaucoup de justesse à l’esthétique globale d’Insecure. Il en va, naturellement, de même pour Frank Ocean, qui a déjà quasiment le statut de légende vivante à Los Angeles et ailleurs, notamment pour son esthétisme et son goût du non-conventionnel. Comme Insecure.
2- Puisque la femme afro-américaine occupe une place centrale dans Insecure, le rap de Leikeli47, qui est entendu plusieurs fois dans la série, doit également avoir une place de choix dans le cœur des fans du nouveau bijou de HBO. Elle, plus que n’importe quelle autre rappeuse, ne cherche qu’à montrer la force et le style des femmes afro-américaines dans ses albums. Son dernier en date, Acrilyc, en est une nouvelle preuve.

  •  Guyane (saison 2)
    De Fabien Nury
    2 saisons (en cours)

Synopsis : Vincent Ogier a 20 ans lorsqu’il est contraint d’effectuer un stage dans une société d’exploitation aurifère en Guyane. Une envie de briller et une bonne dose de culot vont amener ce jeune homme à en savoir beaucoup plus sur l’or, la manière dont il est utilisé, et le trafic autour de ce métal précieux dans l’île et les pays environnants…
Ce que l’on en pense : La force principale de Guyane réside dans ses décors. La Guyane, un territoire assez méconnu dans l’inconscient collectif est filmé avec brio, et la lumière retranscrit justement l’humidité qu’il peut y avoir dans cette zone du monde. Les premiers épisodes de la première saison (réalisés par Kim Chapiron) peinent parfois à mettre du rythme, mais posent des bases solides pour l’intrigue qui suit très sainement son cours.
Recommandations
1- Difficile de ne pas penser au morceau de Kanye West « Diamonds from Sierra Leone », dans lequel le jeune Yeezy se préoccupait de sa consommation de bijoux et des conséquences qu’elle pouvait avoir dans d’autres zones du monde. Guyane soulève les mêmes interrogations que le rappeur de Chicago.
2- On se rend très vite compte dans Guyane que l’or est presque une drogue pour les habitants de la région d’outre-mer. Ils nous rappellent le morceau « All Gold Everything » que Trinidad James avait sorti il y a cinq ans maintenant. L’obsession que montrait alors le rappeur pour le métal le plus précieux est la même qui nourrit celles des habitants de Cayenne. Pas pour les mêmes raisons, bien évidemment…

  •  Mayans MC (saison 1)
    De Kurt Sutter
    1 saison (en cours)

Synopsis : Le spin-off de la série Sons of Anarchy. Fraîchement sorti de prison, Ezekiel, dit EZ est de retour dans son club de motards californiens, les Mayans. Cette nouvelle liberté sera l’occasion de se venger des cartels mexicains qui lui ont pris tout ce qu’il avait de plus cher dans sa vie…
Ce que l’on en pense : Malgré la très forte communauté latino-américaine vivant dans le pays d’Oncle Sam, cette dernière est rarement célébrée ni-même mise en avant dans l’industrie du divertissement. Mayans MC a le mérite de contribuer à cette mise en avant d’une culture boudé par le star-system américain. De plus, Mayans MC est un très digne spin-off de Sons of Anarchy ; on reprend les codes évidents attribués aux motards de Charming, sans en faire une redite. L’évolution des rapports de forces entre club de motards, cartels mexicains et révolutionnaires est également très intéressante.
Recommandations
1- Il y a quelque chose de très triomphal chez le personnage d’Ezekiel. Bien qu’il soit d’un naturel réservé et qu’il ne soit qu’un « prospect », ses actions prouvent son ambition et son envie de retourner la hiérarchie bâtie autour de lui. C’est exactement ce qu’a fait Meek Mill cette année avec l’album Championships. Ce dernier est quasiment devenu un héros après son passage en prison après avoir été la risée d’Internet il y a peu. L’objectif est là pour EZ.
2- Plus mexicain que latino-américain, le rappeur C-Kan représente aussi bien pour ses frères mexicains de l’autre côté de la frontière américaine que pour ceux qui restent au Mexique. Son rap est d’une authenticité pure, une qualité que l’on retrouvait déjà dans Sons of Anarchy et que Kurt Sutter est parvenu à reconduire dans Mayans MC.
3- Petit à petit, ils domineront le monde. Le soft-power de la diaspora latino-américaine avait été lancé par le reggaeton qui fait pleinement partie de la musique populaire d’aujourd’hui. Si Mayans MC est l’une des premières séries à rayonnement international mettant en scène des latino-américains, Bad Bunny et surtout Cardi B sont peut-être les premières grosses stars latino-américaines à jouir d’une telle reconnaissance à l’international – sans compter l’invincible Daddy Yankee. Leur succès personnel et celui de leur tube « I like it » (avec J Balvin) est tout ce que l’on peut souhaiter à la nouvelle série de Kurt Sutter.

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