La Chronique du L #7 Zippo – Zippo Contre Les Robots (Chronique)

Petite particularité pour cet épisode de la chronique, contrairement aux six précédents numéros, je ne connaissais pas du tout l’artiste avant d’écouter ce projet et donc il m’a fallu plus d’écoutes et de recherches pour pouvoir bien le cerner puis rentrer dans son univers.

Voici donc Zippo rappeur de Nice et membre du crew Le Pakkt qui a sorti le 9 mars son deuxième projet solo « Zippo Contre Les Robots » suite à une campagne participative mise en place sur Ulule l’année dernière, 6 ans après son premier EP « Bûcheron ».

Une belle plume et un constat amer de la société :

Contrairement aux autres épisodes de la chronique du L, je vais vraiment m’axer que sur l’écriture et sur le message délivré par cet album de 15 titres. Pour rapidement présenter Zippo, je dirais que c’est un anti-système affirmé qui n’a jamais dévié de sa ligne de conduite : refus d’avoir un emploi à plein temps comme salarié, dénonciation continue de notre société actuelle. Mais sans jamais tomber dans la théorie du complot ou autres reptiliens dominant le monde, ce qui rendrait son rap rapidement énervant et déjà vu.

Avant de rentrer dans l’analyse, je vous mets son dernier clip « Google » qui peut être une bonne porte d’entrée à son univers et qui est également disponible sur L’orgie hebdomadaire du rap français #2 ! La cover réalisée par Manon Aubry ainsi que le titre sont également assez explicites…

La robotisation au centre de la thématique :

Dès les premières notes de l’intro on comprend encore un peu plus le titre de l’album car cela sonne très robotique comme musique, cela peut surprendre mais de toute façon on n’entendra pas de sonorités de ce type sur les autres morceaux, bien que les instru’ signées essentiellement par Le PDG (aka Vargas Au Mic) soient assez dingues et que tu risques vraiment d’entendre ça nulle part ailleurs. Ça a vraiment été fait pour bien introduire les propos à venir. Un premier morceau où l’on rentre directement dans le vif du sujet, être salarié c’est ranger sa dignité : « qu’est-ce qui m’a pris de vouloir vivre avant mes 65 ans ».

Au bout des quatre premiers morceaux, on peut déjà donner une première définition du mot robot d’après Zippo, un robot est une personne travaillant 35h par semaine pour un patron et pour pouvoir consommer afin de se donner l’impression d’exister. Immédiatement après ces tracks il me vient un parallèle avec les univers de deux romanciers Aldous Huxley et George Orwell avec respectivement « Le Meilleur Des Mondes » et « 1984 ».

Nombreuses sont les références :

Puis arrive le morceau « Greenwashing », véritable performance artistique axée sur la lettre « v » : « mais vers où fuir ? Bats les couilles y verront pas trop la différence quand ils vivront derrière des vérandas ». Dans le titre « Charlie », pas besoin de vous expliquer la référence, il estime que l’on est entrain de « combattre un extrémisme par un autre » et que « les médias préparent un remake de la Saint-Barthélémy ».

La douzième piste est la seule interlude de l’album et est un hommage au documentaire « In Girum Imus Nocte » de Guy Debord, elle comporte un passage du film d’ailleurs, s’ensuivent les deux morceaux les plus pertinents du projet d’après moi, « i-monde », jeu de mots entre iPhone et immonde, qui dure plus de 6 minutes et permet d’explorer une nouvelle facette de l’artiste avec ce morceau à rallonge et « In Mars We Trust » qui commence par 2 minutes juste en musique suivi par une vision dramatique du futur où seuls les riches pourront quitter notre planète quand on aura fini de la détruire.

Pour clore ce consistant projet et si jamais on a toujours pas compris sa position sur toutes ces technologies et notre société actuelle il va balancer deux-trois phrases bien cinglantes : « la base des méchants c’est la Silicon Valley, leur PDG faut en faire du chili con carne », « rien à branler d’aller voter pour Tartampion, j’représente ceux qui font péter le taux d’abstention » et un petit parallèle avec le film « Bienvenue à Gattaca ».

De nouvelles perspectives à chaque écoute :

En conclusion, je dirai qu’on se retrouve avec un projet très intéressant avec des textes poussés, un album que j’ai pris beaucoup de plaisir à écouter pendant une semaine et que je vais réécouter pendant encore un bon moment. A chaque nouvelle écoute, on repère une petite allusion que l’on n’avait pas saisi la fois d’avant, ce qui en fait un projet que l’on a beau penser connaître, il nous réserve de nouvelles surprises à chaque fois.

Cet artiste est clairement mon coup de coeur de ce début d’année !

Vous pouvez le retrouver sur toutes les plateformes digitales en streaming et téléchargement et sur Bandcamp en version physique limitée.

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