La Chronique du L #12 L’antidote Lafamille – B15

Après un certain temps d’absence, voici le retour de la Chronique du L avec le douzième épisode.

Annoncée depuis plusieurs mois et repoussée à cause de différents problèmes dont des bâtons dans les roues et pas mal de fausses promesses comme L’antidote Lafamille l’a expliqué dans un long message sur Facebook, sa première mixtape « B15 » est enfin disponible et nous allons revenir dessus car c’est un projet qui le mérite et qui est rempli de belles promesses pour l’avenir.

Qui est-il ?

Originaire de Miramas à 60km au Nord-Ouest de Marseille, L’antidote a déjà plusieurs années de rap dans les jambes et a commencé à se faire un nom en 2015 à la suite des attentats survenus à Charlie Hebdo grâce à un son très touchant prônant le vivre ensemble et le respect des autres religions intitulé Je Suis Sali, suivrons beaucoup de morceaux et un vrai travail en amont afin de pouvoir exposer tout son potentiel à un audimat le plus grand possible. Mais cela fait réellement un an qu’il ne vit que pour la musique…

Quand on est bon, on obtient forcément un jour un coup de pouce et c’est Fianso qui va lui apporter son aide en le faisant rentrer dans le cercle dans l’épisode 9 de la première saison où il va tout cramer et se démarquer des autres en concluant par un freestyle remarqué et maîtrisé qui nous a fait nous demander pourquoi on ne l’a pas connu avant. Cependant malgré ce passage et un talent certain, il reste encore trop méconnu, ce premier projet pourrait donc lui ouvrir des portes.

La froideur du B15 comme carte de visite

On va maintenant rentrer dans le contenu de ce consistant projet de 16 titres pour environ une heure de rap. A chaque fois que l’artiste en parlait il nous disait « froid comme le B15 » et à l’écoute on comprend mieux le pourquoi. D’ailleurs ce n’est pas pour rien qu’il a appelé son projet ainsi et la cover parle d’elle même, il fait ici référence au plus grand iceberg jamais enregistré, le B-15, et se compare ainsi à lui : quelqu’un de massif et froid…

Derrière cette carapace gelée, on sent une personne qui a souffert, été trahie, a fauté, qui a du mal à faire confiance, à montrer ses sentiments et qui a besoin de se confier sur tout ça avec des morceaux très touchants comme « Néon » ou « Comment Guérir ». Même si les femmes l’ont fait souffrir, enfin plus particulièrement une, il garde toujours un énorme respect pour elles comme il le montre notamment sur le poignant « LFCDP » ou bien sur le puissant « Soit dit en passant », une vraie leçon de vie. Sur différents morceaux, il fait également différentes allusions à sa mère si merveilleuse qu’il aime plus que tout et aux médecins sans qu’on en sache plus en gardant une énorme pudeur vis à vis de ça. On sent qu’elle souffre ou a souffert et que cela fait également souffrir son fils mais il ne va jamais aborder précisément les raisons.

Voix auto-tunée sur le piano, j’te déverse ma mélancolie
Les voix de la raison sont parties, alors on va laisser place à la folie

Mais limiter l’analyse de ce projet à des morceaux tristes et nostalgiques serait une grosse erreur. Il est avant tout un kickeur et vient nous le montrer sur plusieurs morceaux comme l’intro du projet « La Quica 2.0 » qu’il avait interprété au Planète Rap d’Hornet La Frappe, « Pour La Daronne » où il avait invité Mohamed Henni dans le clip, sur le titre « Pantins » que vous pouvez retrouver dans la playlist FRéphémère de cette semaine ou le bonus du projet « Kickeur » entre autres. Les thèmes abordés sont d’une grande diversité, en plus de ceux précédemment évoqués, il évoque le fait qu’il a désormais 27 ans, que ses centres d’intérêt ont quelque peu changé, il y aborde la paternité, la rancoeur qu’il a contre son père qui les a abandonnés, la trahison ou encore l’envie de succès mais en même temps le refus voire même la peur de percer.

J’ai pas l’temps, j’veux devenir une star dès l’automne

On peut aussi parler de la présence du hit avec Biwaï sur « Paparazzi » dans un style très dansant qui est à l’opposé de ce qu’il nous avait proposé jusque là et qui pourrait presque faire fondre l’iceberg, preuve de son éclectisme musical. Sans oublier de mentionner le travail des beatmakers qui ont réussi à rentrer dans l’univers profond et hivernal de L’antidote et c’est pas forcément ce qu’il y a de plus facile, retrouvez la liste complète plus bas.

Le rap, les strass, le buzz j’men fous
Les liasses, les flashs, les meufs j’m’en fous

Et maintenant ?

Quelques jours seulement après la sortie, on sent que son public a été réceptif à ce premier jet, et contrairement à beaucoup de projets où tout le monde aime les mêmes morceaux, ses fans ont chacun leur préférence, ce qui montre le niveau constant affiché par l’artiste. Et s’il se demande comment guérir de cette profonde mélancolie, comme beaucoup d’artistes il a trouvé son remède : la musique, et aujourd’hui malgré les péripéties de la vie et les coups de couteaux dans le dos il est plus heureux que jamais.

Et ensuite ?

Beaucoup de sons ont déjà été clippés mais quand on connaît la détermination que L’antidote a mis pour sortir ce projet, aucun doute que d’autres sortiront et qu’il fera vivre cette tape aussi loin qu’il le pourra. Maintenant, il ne vous reste plus qu’à l’écouter, à valider et à faire tourner en attendant la suite qui s’annonce encore plus froide que le B15. On peut par exemple citer qu’il a près d’une quarantaine de sons de côté, une dizaine de freestyles, qu’un feat avec SCH est prévu, qu’il fera une apparition dans une série, peut-être une signature, un premier album ? En 2019, vous allez en entendre beaucoup parler vous pouvez en être certains.

 

 

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Voici la track List de ma première mixtape #B15. Sortie officielle le 30 novembre 2018.

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