Kaaris – Or Noir (Album 18 Titres)

01 Bizon (03:15)
02 Zoo (04:49)
03 Ciroc (04:21)
04 MBM (03:16)
05 Binks (04:15)
06 Je Bibi (05:1
07 Bouchon De Liège (04:24)
08 Paradis Ou Enfer (04:53)
09 L.E.F Feat Booba (03:47)
10 Dès Le Départ (04:06)
11 Pas De Remède (03:3
12 63 (04:12)
13 Bébé (03:26)
14 Plus Rien (03:50)
15 Or Noir (03:11)
16 Tu Me Connais (04:05)
17 2 Et Demi (04:50)
18 A La Barrière (4:39)

Enfin l’album qu’on attendait avec impatience. Ma chronique va être courte, simple, et on va essayer d’aller rapidement à l’essentiel ; donc pas d’analyse linéaire, mais une vue d’ensemble.

 

 

OR NOIR EN UN MOT…

En « un mot », Or Noir, c’est une démonstration de hardcore sur 17 titres. Pour ceux qui ne connaissent pas le MC du 9.3., si vous vous attendez à tomber sur un messager qui parle à la jeunesse qui va mal…..fermez la page, vous perdez du temps.

Hardcore, violence, égotripes, sombre, dalle (si ce mot pouvait être inclus dans le dictionnaire) sont les mots que connotent « Or Noir » .

Pourquoi « Or + Noir » , pourquoi cette oxymore ? L’or sans doute pour son côté « bling-bling », sans doute aussi parce que ça renvoie à la lumière (une métaphore qu’il réutilise dans un de ses morceaux « savent même plus quoi faire vu qu’ils ont peur du noir et d’la lumière » – Je Bibi) 1er album qui le sors de l’ombre et le projette vers la lumière et qui va lui permettre de brasser de l’or (disque d’or? LOL!) cf Binks : « j’ai une liasse d’oseille à brasser ! »
Et le noir pour l’obscurité, le darkside de sa personnalité appelé aussi le « jnoun », sans compter tout ce que la couleur noire représente d’un point de vu symbolique

C’est la voix « back to the futur » qui nous accueille dans cet opus (d’ailleurs, ça m’fait penser qu’il faut que j’aille me procurer un de leur t-shirt)

Kaaris connait ses points forts : son flow & ses instrus

« z’ont du retard sur le flow, z’ont du retard sur les instrus ! »

A l’heure actuelle, dans le rap Fr, comment ne pas se sentir en avance avec un Thérapy qui vous concocte des prods aussi dures, cogneuses comme celle-ci, et ce sur les 16 autres titres qui viennent ?

Comme l’animal, « Bizon » vous renverse, ça vous annonce le poids de l’album.

Après l’hymne des voyous de 2013 Zoo, Kaaris prête sa voix, son flow & sa technique à un style qui se veut « clubbin’ » au rythme entraînant & dansant : Ciroc, 4ème track, c’est l’égotripe, le sale, l’enjaillement, de la phase…. tous ces ingrédients, et pas à faible dose, sur un seul son. Un refrain qui vous martèle, toujours un peu avec la même technique : Kaaris joue beaucoup sur la répétition de phrases courtes :

« J’suis dans le fond du club, thugueuh ! J’suis dans le fond du club, thugueuuh ! J’suis dans le fond du club, thugueuh ! Brolique à côté du zeub ! »

Et ses backs où il lâche des phases très simples mais qui relèvent très souvent ses refrains (ici en l’occurrence) & qui font la diff parfois sur l’intégralité de ses morceaux

« 2-7 !!!!! » « OOOOORRRRHH, CLIIIIICK ! »

 

CONTRE TOUTE ATTENTE, DE l’AUTOTUNE…

 

Globalement, c’est le même Kaaris qu’on a du début à la fin sauf quelques exceptions comme celle là MBM : Kaaris se met à jour, se prête à la mode et au style autotuné et pas à moitié ! pas seulement sur un refrain mais sur tout un morceau. Autotune, oui, mais la prod derrière qui accompagne ce son est encore bien sale, bien « Thérapyée » : drogue, narco-trafic, violence sont les thèmes de ce morceau sur un refrain chanté mais toujours dans un délire assez dark & ténébreux. Pour une 1ère dans ce genre, je trouve que c’est très maitrisé et le style lui va plutôt bien. (J’sens bien un gros clip dessus, avec des belles images récoltées par l’objectif de Macari)

« J’sais pas si le pire c’est que les narcotiques s’introduisent ou si le plus dangereux soit qu’les Sarkozystes s’reproduisent ? »

Pas De Remède, un bon morceau, toujours autotuné un peu moins que MBM, la seule critique que je pourrais faire, sur le refrain, on dirait Mala..Mais le tout est agréable.

Autotune sur un morceau entier sur MBM. Ensuite, moins audible mais présente sur Pas De Remède, surtout sur le refrain. Enfin, sur 63, la la voix « derrière » autotunée relève vraiment le refrain.
C’est donc avec beaucoup d’intelligence que Kaaris s’en est servi.

 

KAARIS, UNE BETE CHARISMATIQUE ET PLEINE D’ENERGIE !

 

Pour ceux qui se sont volontairement privés du bonheur de la promo radio de Or Noir, et qui découvrent les sons seulement aujourd’hui, tout d’abord, je tiens à vous féliciter. L’attente était ingérable pour moi, mais si y a bien une chose que je ne regrette pas c’est d’avoir écouté un son comme Je Bibi décontextualisé de l’album. Je m’explique : Je Bibi, 6ème morceau, après Zoo (désormais un classique) et Binks, deux singles incontournables de l’année 2013. Engouffré dans l’écoute de l’album, et dans ce style hardcore sur tous les sons qui précèdent ce 6ème track, Je Bibi pourrait passer inaperçu et la puissance du son peut être masquée par les 5 sons précédents qui vous ont fracassé, et pas n’importe quels sons ! Le fait de l’avoir écouté en freestyle, ça m’a permis de cerner toute l’énergie que porte ce son. Bref, un excellent morceau dans son registre, pour ne pas dire le meilleur. J’annonce : ce son en concert, ça va chier & envoyer fort. Je pèse mes mots.

Kaaris, c’est du charisme avant tout, il a réussi à faire de lui un personnage qu’il entretien avec perfection dans ses sons via des lines bien aiguisées, salasses, hardcore et aussi à l’image à travers ses clips : c’est le grand méchant noir qu’aime la bouffe, qu’aime les gros culs, qui détruit tout sur son passage et ne laisse aucun espoir pour la concurrence ; et surtout, un bonhomme que la street a adopté.

« J’me cure les dents avec leur squelette, comment faire face à la bête, j’viens de l’enfer à 2 têtes ?! » – Bizon

« Ton sang dans l’Graal, c’est pour l’apéro ! » – Bouchon de Liège  + « j’te bouffe la shnek comme une viennoise ! »

« Ça joue les racailles et les durs de la té-c’ pourtant ça donne des blases ! » – Binks

On adhère, ou pas. Il apporte un genre nouveau dans l’industrie d’ce rap avec le hardcore qu’il maitrise avec perfection. Son flow travaillé, très technique, et beaucoup de phases en adéquation parfaite au personnage qu’il s’est créé (sûrement que ce n’est que lui)

 

LA MELODIE, SA DOCTRINE…

« Dans ma musique, y a autant d’mélodies que y a d’êtres sur la Terre ! » – Paradis ou Enfer

Kaaris remet ça, il en fait sa doctrine sur Or Noir : un morceau qui vient contrer tout ce qui a été fait précédemment sur ce 15è titre : Une douce mélodie ET ! Et… un thème pour une fois !!!  Des métaphores, qui laissent entendre qu’il parle de sa « mama » :

« J’suis le fruit de tes entrailles ! »

Même si Kaaris s’est construit ce personnage de monstre, de bête noire, il nous montre sur ce morceau qu’il a malgré tout un cœur : il confesse, et  malgré sa situation actuelle, rien n’a été facile pour lui c’est d’ailleurs pour ça qu’il dit qu’il n’a que sa famille, « pas d’amis, des ennemis et cette mélodie ! »

Même si on pourrait croire qu’il n’y a pas trop de cohérence entre le titre et le thème du morceau, il est rempli de philosophie : il porte le même titre que son album, il y parle de sa mère… En gros, tout ce qu’il a de plus cher.

Un peu mélancolique, mais toujours à sa manière, sa voix exige qu’il conserve ce côté hardcore : Kaaris confesse, fait son introspection, parle avec son cœur.. Bref, un morceau à écouter et réécouter avec attention.

 

AU FINAL…

 

K double A ne prend pas trop de risques sur son opus, il reste sur ce qu’il sait faire et le fait de la plus belles des façons : Or Noir, c’est un répertoire de gros morceaux qui marqueront cette rentrée et l’année 2014 qui vient. Un premier album et qui s’installe comme étant un des incontournables.

Kaaris sait qu’il doit la réussite de son hardcore en grande partie à son producer Therapy, il lui tire sa révérance d’ailleurs dès le 1er morceau & dans 2 Et Demi qui clôture cet opus :

« Ils ont du retard sur le flow, ils ont du retard sur les instrus ! » – Bizon

« Thérapy prod, v’la la ré-vé-lation ! Dangereux, comme de la drogue à la récréation ! » – 2 et Demi 

En effet, le beatmaker (un des meilleurs de cette industrie) a un impact considérable sur cet album, on lui excusera le fait que les prods peuvent parfois se ressembler mais c’est sans compter la force d’adaptation, la technique et le flow de K double A de taille à vous faire oublier ce petit détail.

Si vous cherchez à vous ambiancer, besoin d’un stimuli pour aller à la salle de sport, vous poser au quartier avec vos kheys, c’est le bon opus. Comme la signalétique sur les paquets de cigarette « fumer tue », sur « Or noir » on pourrait inscrire « écouter à pleine puissance, cet album peut gravement nuire à votre santé et celle de votre entourage ». Des sons qui te surinent, envie de gifler toutes les personnes à côté de toi. Je suis prêt à parier que s’il fait des dates sur Paris on aura quelques personnes piétinées et à l’hosto. C’est pas de la musique, soyez conscient de ça !

 

LE NEGATIF !

 

Y a tellement de bien qu’on pourrait s’arrêter là, j’le fais vraiment pour la forme, parce qu’il faut en parler :

Thérapy ! Le problème quand vous travaillez avec un excellent producer, c’est que limite ses prods parlent déjà à votre place (j’me mets dans la peau d’un rappeur) des prods qui décoiffent mais sur quelques sons, sans négliger la virulence de Kaaris, l’instru fait vraiment tout le travail.

« Pas d’thème, pas d’game » – Je Bibi

Une phase qui porte préjudice au MC sevranais : un album qui manque de thème, de fond. J’demande pas à Kaaris d’un coup de se transformer en Kery, mais à part « délirer », « égotriper » à tout va, et beaucoup au feeling au final, ses morceaux ne parlent pas de grand chose.
En guise de 1er projet, histoire de dire : j’arrive, j’défonce tout en étant moi et uniquement moi-même, c’est un carton plein pour Kaaris ! Mais sur le long terme, ce pourrait être un album qui tend vers l’épuisement car c’est trop « tout pareil » un peu le même constat qu’on pourrait faire pour le rappeur de Philadelphie qu’est Meek Mill, qui vient s’essouffler avec son 3ème volet de Dreamchaser.

Voilà pour la conclusion et l’ouverture :

7,5/10

 

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