Jok’air – TSN (Clip)

Le premier album « Jok’Rambo »  de Jok’air est sorti vendredi dernier, sur celui-ci on retrouve des sons de différents styles plus ou moins légers selon son envie. Mais « TSN » abréviation de Tout Simplement Noir est l’un des morceaux au message fort de ces 17 titres et il est désormais disponible dans un visuel encore plus parlant réalisé brillamment par Kévin Still !

Toujours présumé coupable, on m’regarde comme un hors-la-loi
Les ignorants ont peur de moi, pourtant j’suis tout simplement noir

D’une durée de moins de 4 minutes sur le projet, le clip dure lui plus de 6 minutes et vous allez comprendre pourquoi. Accompagnant les paroles poignantes et sincères au sujet du racisme du big daddy sur la prod Pepside & Nyadjiko, dans la première partie l’histoire de l’esclavage est reconstruite afin de faire comprendre que si ça avait été l’inverse ça aurait été aussi horrible. Ainsi on voit une femme blanche se faire fouetter par des esclavagistes noirs puis visiblement traînée pour être ensuite violée pendant qu’un autre homme blanc est pendu. Le silence musical et les cris de la jeune femme apporte un sentiment d’impuissance et de réalisme en plus.

Dans la deuxième partie, c’est tout simplement les contrôles au faciès et les violences policières envers les personnes de couleur qui sont inversés, là encore le visuel est intense. Jok’air sait frapper là où ça fait mal et en plus de ça il a accompagné le clip d’un long texte sans langue de bois où il s’exprime au sujet du racisme et du message qu’il a voulu faire passer ici…

RACISME. Un mot qu’on entend trop souvent. Un mot qui ne devrait pas exister mais qui semble perdurer dans nos sociétés. Un mot dont je suis victime chaque jour de ma vie. Artiste, rêveur et ambitieux, je suis pourtant souvent réduit à ma couleur de peau et à l’image dégradante qu’on s’en fait. Comme si ma carnation déterminait et définissait ma personne à travers le regard de l’autre. Alors inversons-les rôles, le temps d’un clip. Toi, pour une fois, tente de te mettre à ma place. Peut-être que tu jugeras avec plus d’empathie cette situation que tu ne vis et ne vivras jamais.

La structure de notre société est héritière de l’esclavage et de la traite négrière. Quoiqu’on en dise, les séquelles sont là. Autrefois, nos ancêtres étaient voués au mépris, à la négation de leur être et au travail forcé. Aujourd’hui cette violence est mentale, insidieuse et quelques-fois inconsciente. Contrôles au faciès, violences policières, invisibilité et sous représentation médiatique, discriminations, préjugés… Pourtant, avant d’être noirs, ne sommes-nous pas des êtres humains comme les autres? Noir, blanc, jaune, bleu ou vert, le combat devrait être le même et mener vers un peu plus d’humanité, d’amour, de tolérance et d’ouverture d’esprit pour faire disparaître ces clivages. Le problème réside dans ce système profondément discriminatoire.

Je le dis haut et fort, en 2018, être noir est encore un problème et un véritable handicap. Si j’en suis là aujourd’hui, dans la musique, c’est parce-que je me suis battu pour qu’on me reconnaisse au-delà de ma couleur de peau. « Car un vrai negro doit en faire deux fois plus. Courir plus vite, sauter deux fois plus haut. » Pour ceux qui font mines de ne pas comprendre ce que je raconte allez vous faire enculer. J’aimerais juste que l’on sorte de cette hypocrisie. Celle qui tend à nous faire croire que nous sommes tous égaux et considéré sur un même pied d’égalité. Comme disait Frantz Fanon: « Le Nègre n’est pas. Pas plus que le Blanc. » Bonne écoute.

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