Qu’est-ce que vous faites ce jeudi 26 septembre à 00h (en vrai, c’est plutôt le vendredi matin avec le décalage horaire, mais c’est notre phrase d’accroche pour cette série, donc on force) ? Nous, on se prendra sans doute un gros vent en attendant ce qui devrait être le neuvième album solo de Kanye West, Jesus is King. Pourquoi tant de pessimisme ? Il faut dire que ce dernier a pour habitude de teaser des projets qui ne sortent pas… Vous souvenez-vous de So Help Me God ? Ou de LOVE EVERYONE ? Et Yandhi, vous vous en souvenez ? Ceci est une liste non-exhaustive des fois où Yeezy a annoncé des projets qui ne verraient pas le jour, ou du moins, qui subiraient une grosse quantité de modifications (le nom de l’album, l’artwork, la tracklist…) avant de sortir des mois plus tard. De plus, plusieurs sources internes de « l’industrie » affirment qu’il serait très improbable que l’album sorte ce vendredi. La seule source nous faisant garder espoir est le compte IG de Kim Kardashian… Que voulez-vous ? Nous ne pourrons savoir de quoi demain sera fait, Kanye West est fou ! Et on le dit avec le plus de tendresse possible. Au fil des ages, le natif de Chicago a largement su imposer sa folie jusqu’à ce que d’autres artistes l’apprécient assez pour vouloir l’incruster dans leurs univers. Retour sur cinq de ces moments où Kanye a montré que la mégalomanie pouvait aussi avoir son côté altruiste.

5. Sanctified – Rick Ross et Big Sean (Mastermind, 2014) (Prod. DJ Mustard, Mike Dean, Kanye West)

Ce qu’il y a de fort dans les productions de Kanye West, c’est qu’il suffit de quelques secondes pour parvenir à les dater. Dès les premières notes chaleureuses de « Sanctified » suivies de son drop agressif, on comprend que l’on a à faire au Yeezy de Yeezus, celui qui avait à cœur, selon ses propres dires, de « tout défoncer ». Défoncer la structure d’un morceau, la progression mélodique, le rythme… Créer une sorte d’hymne à la frustration. « Sanctified » est un leftover de Yeezus, mais il est aussi le morceau le plus remarquable de Mastermind, sixième album d’un Rick Ross dont la formule commence à s’essouffler… Alors, Rozay, on dit merci qui ?

4. FourFiveSeconds – Rihanna et Paul McCartney (2015) (Prod. Paul McCartney, Noah Goldstein, Kuk Harell, Mike Dean, Kanye West et plein d’autres…)

Si les frontières entre le R&B et le Rap sont devenues aussi poreuses, c’est en grande partie à cause de Kanye West et de son quatrième album 100% autotuné, 808 & Heartbreak. C’est également à cette époque que remonte la première collaboration entre Rihanna et Ye, quand la chanteuse des Barbades jouait le premier rôle dans le clip de « Paranoid ». Sept ans plus tard, deux des plus grandes stars de la planète s’unissent de nouveau à côté d’un illustre inconnu qui n’en a même pas profité pour percer par la suite. Blague à part, la collaboration, prestigieuse sur le papier, est restée iconique grâce à un clip simple mais beau, comme une performance de Xavi dans le Barca de la fin des années 2000. Le brio des deux interprètes est d’enjoliver l’envie banale que l’on a de tout envoyer valdinguer à la fin d’une semaine éprouvante. Simple mais beau, qu’on vous dit.

3. Back like that (remix) – GhostFace Killah et Ne-Yo (Ghostdini, Wizard of Poetry, 2009) (Prod. Xtreme)

Kanye West est doué de plein de qualités, mais s’il s’agit de découper une instru avec style et lyricisme,  il est loin d’être extraordinaire. Néanmoins, lorsque mit aux côtés d’un client sérieux, ce dernier hausse très largement son niveau de jeu et donne tout, en bon et sain compétiteur qu’il est. Après s’être fait outshine par son « Big Brother » Jay-Z un nombre incalculable de fois, Yeezy a cherché à redorer son blason aux côtés de quelques rappeurs du Wu-Tang Clan, dont Raekwon qui apparaît sur l’album My Beautiful Dark Twisted Fantasy, mais également avec Ghostface Killah un an auparavant. Sur « Back like that », le mari de Kim K est sur un terrain de jeu bien connu puisqu’il s’agit de parler d’une histoire d’amour compliqué et un peu chelou. Après avoir mentionné qu’il se trouvait au Japon en intro, Kanye enchaîne les punchlines tranchantes, dont celle-ci : « She ordered that Kobe beef like Shaquille O’neal ». Rien que pour celle-ci, et un couplet évidemment impeccable du rappeur du Wu, ce morceau se devait d’être dans ce top 3. Et ce ne sera pas la dernière ref à Kobe de ce top 5…

2. Can’t Stop – Theophilus London (Vibes, 2014) (Prod. 88 Keys, Club Cheval)

Comment appelle-t-on un type qui s’auto-référence, qui a trouvé 1000 manières différentes de parler des courbes de sa femme, qui ne cessera pourtant jamais de parler de putes, le tout dans les ambiances les plus romantiques possible ? Un génie, évidemment. Comme pour « Back Like that », Kanye se trouve sur son terrain de jeu préféré sur « Can’t Stop ». Bon, à la base, le morceau est censé être un slow jam pur et intense, à l’instar du couplet de Theophilus London, mais bon… Dès qu’il faut parler d’amour, Kanye ne se sent pas à l’aise s’il n’évoque pas la luxure qui, pour lui, va avec. Un couplet incroyable du Louis Vuitton Don, qui s’ouvre par le fameux « It’s not Ralph, though, » punchline qu’il avait envoyé à Sway lorsque celui-ci commençait à parler de sa marque de vêtements, et qui se termine par le genre de phrases que chaque homme a dû prononcer, à haute voix ou dans sa tête, avant de s’apprêter à sortir : « If this party ain’t got hoes, my intro’s a outro » (en gros, si y’a pas de p*tes dans ta fête, j’me barre).  Merveilleux.

1. THat Part – Schoolboy Q (Blank Face LP, 2016) (Prod. Yung Exclusive, CuBeatz, Cardo)

Dans la rubrique J-1, on essaie de prendre tout le monde à contre-pied pour la première place, mais là… On pourrait considérer que le couplet de Yeezy est du foutage de gueule, qu’il a pris l’invitation de ScHoolboy Q comme un crash test et qu’il en a profité pour tenter quelque chose de profondément stupide. On pourrait considérer que Yeezy n’était pas sérieux quand il a enregistrer cette merde… Tout cela est possible, mais en réalité, l’état d’esprit dans lequel était Kanye, on en a rien à faire, car ce fameux couplet est absolument incroyable, et franchement impossible à analyser. Tout ce qu’il nous reste à faire, c’est de crier les « ok » en chœur, et croiser les doigts pour qu’un nouvel album de Yeezy sorte demain matin. « WALKING LIVING LEGEND, MAN I FEEL LIKE KOBE ». Elle est là, la dernière ref à Kobe.

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