Qu’est-ce que vous faites à 00h pile ce jeudi 19 septembre ? Nous, on jettera une oreille très attentive au projet de M Le Maudit, intitulé I hate Love, teasé depuis plus d’un an maintenant. A moins d’être un fin connaisseur de la scène rap français, le nom ne doit pas évoquer grand chose, puisque participant, lui comme plein d’autres MC talentueux, à une aventure collective, là où la notion de crew surpasse la carrière solo. Ils sont aussi nombreux qu’ils sont influents ; Jean Morel, journaliste émérite de Radio Nova, les qualifie d’ailleurs de « meilleur média de rap français » et se sont nommés la 75e session, en hommage à leur ville de cœur. Depuis le début des années 2010, le collectif a été à l’origine de plusieurs projets, très pluriels, certes, mais ayant toujours pour ambition de faire vivre le rap de la capitale différemment. On va tenter de classer cinq des grands accomplissements de la 75e session et ce, avec une objectivité à toute épreuve.

5. La popularité/ Le prestige des freestyles Grünt

Alors qu’il n’était encore qu’un stagiaire à Radio Nova, Jeremy Morel eut l’audace de convier quelques uns des rappeurs chauds de la capitale dans le studio de sa boîte. Tard le soir pour que personne ne les repère. Depuis, les sessions freestyles Grünt sont des institutions et font la fierté des rappeurs mis en avant durant ces demi-heures de démonstration de style. Concrètement, ce ne sont pas des rappeurs de la 75e session qui ont permis à l’émission d’avoir la stature qu’elle a aujourd’hui, mais on a l’impression que l’ambiance Hip-Hop dans laquelle elle se trouvait a clairement eu un rôle dans la création du concept. Et puis, soyons sérieux, combien de sessions Grünt ne compte pas au moins un affilié, de près ou de loin, au collectif ?  Franchement pas autant que vous le croyez…

4. La série John Doe

Dans un rap game où avoir une belle gueule peut faire de vous une superstar ou une égérie Lacoste, la place de l’image est très forte. On se doit de faire valoir son style à coup de belles sapes, de gestuelles improbables et de décors captivant. C’est absolument tout ce dont se prive la série John Doe, lancé le 24 septembre 2011. Un plan fixé sur les lèvres, un arrière plan plat, immobile, une instru et un rappeur qui rap pas plus d’1min30. Le concept n’a rien d’hollywoodien, il est au contraire, épuré, frais et authentique. Une grande tripotée de rappeurs se sont prêtés à l’exercice, certains plus connus que d’autres, mais tous cohabitent, grâce à cette série, dans l’anonymat le plus total. Enfin, presque. Seule leur signature vocale les permet de se distinguer des autres. Sacré concept.

3. Le clip « Dans ta réssoi »

En 2019, Nekfeu a sorti son album le plus dense dans lequel la sagesse à laquelle il aspire plus que tout est largement exposée, entre quelques crises de haine. On est très heureux de voir le rappeur du sud de Paris devenir celui dont aurait rêvé celui qu’il a rêvé d’être, mais au petit diable à notre épaule gauche de nous rappeler combien il était cool d’entendre le jeune Fennek balancer des autres joints. Pas sûr que Nekfeu ait été plus cool que dans ce visuel chichement réalisé par les membres du Dojo, où tout le monde le regardant en 2011, avait une certitude : « Ce gars là sera une star, un jour ». Et personne ne s’était trompé.

2. Le jeu vidéo Lune Noire

Voilà une création bien particulière. Ceux ayant déjà écouté ne serait-ce que quelques secondes des morceaux de Sheldon auront reconnu en lui un otaku de très, très haut niveau. Fan de culture japonaise, notamment des jeux vidéos, ce dernier a poussé le délire jusqu’à créer son propre jeu vidéo d’inspiration Zelda meets Pokemon. Il s’appelle Lune Noire et accompagne toute une pensée créatrice de son auteur puisque ce dernier s’apprête à sortir un album qui portera le même nom que le jeu. Que dire du jeu, sinon qu’il est globalement très difficile, surtout pour une personne qui a pour seule aptitude particulière d’écouter du rap longtemps. Le mystère est en tout cas très bien entretenu et vous ravira sans nul doute si vous souhaitez une quête authentique et féerique. La 75e session peut TOUT faire, comme si elle était Infinit’.

Vous pouvez jouer au jeu en cliquant ici, ou le télécharger sur Android en cliquant là.

1. La trilogie « de la nuit » de Népal

La 75e session peut certes tout faire, mais elle est avant tout un recueil pour ninjas rapologiques incroyables. Parmi ceux-ci, un surpasse tous les partenaires de son dojo, selon leurs propres dires, et n’est en réalité, pas loin d’être le meilleur rimeur de l’hexagone. Bien plus qu’un pays dont la capitale serait Katmandou, Népal désigne surtout l’un des rappeurs les plus impressionnants de sa génération, en plus d’être l’un des plus influents – demandez à Georgio ou à Sopico. Trois projets nocturnes composent la discographie de Népal : 444 Nuits, 445ème nuit et KKSHISENS8, trois projets traduisant à merveille l’errance dans la nuit comme dans la vie d’âmes égarées. Le binôme de Doum’s dans la formation 2Fingz est déjà une légende avant même que son album, annoncé pour fin 2019 ne sorte… Une superstar des sous-sols.

 

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