PARTAGER
trz-la-rue-tappelle-cover-tracklist-500x500-2017

Nous sommes en 2012 quand TRZ, le MC nancéien, se risque au jugement de l’opinion public via un freestyle sur Youtube. « La rue t’appelle », la première mixtape de TRZ, est disponible depuis le 17 mars. Celui qui n’aime pas « faire pour faire » a pris son temps. Pour Newzikstreet, il revient sur son parcours.

La réalité sur papier

TRZ prend le stylo dès l’âge de 10 ans. Il voit dans l’écriture un moyen de « laisser une trace quelque part ». Ses premiers textes lui servent d’exutoire. Petit à petit, écrire devient un besoin : « c’est en prenant de l’âge que j’ai compris, l’art naît d’une nécessité ! ». De fait, TRZ n’a que 20 ans mais entre déjà dans sa deuxième décennie d’écriture. S’il a pu se faire sa place grâce aux freestyles qu’il diffuse sur internet, il réfute l’étiquette de rappeur : « ce n’est pas un statut à mes yeux, ça veut rien dire « être rappeur ». Je suis un écrivain des temps modernes». TRZ aime le rap en ce que la discipline lui offre un moyen d’expression sur ses observations quotidiennes. Pour autant, il ne se voit pas MC toute sa vie : « je sais déjà que je ne rapperai pas jusqu’à 40 ans. C’est inconcevable ».

Joies et peines d’un rappeur de « petite ville »

TRZ passe son enfance au bord de la Meurthe, à Nancy. Il considère le rap comme un art transcendant, capable de briser les clivages régionaux : « je pense que le rap a été créé pour casser les barrières territoriales ». Pas question pour autant de voir une quelconque opposition entre Nancy et les centres névralgiques du rap français que peuvent être Paris ou Marseille : «  je n’ai pas besoin de prouver aux grandes villes de France que j’ai ma place. Il n’y a pas de place ou de siège attitrés dans ce foutu « rap game » ». Il concède néanmoins une spécificité du rap « provincial » : « dans les grandes villes, il est plus facile de construire un projet musical. A Nancy, c’est rare de trouver des rappeurs ». Corrélativement, rapper dans une petite ville permettrait de garder les pieds sur terre, dans l’esprit du rap cartésien prôné par le jeune artiste : « on a grandi dans une petite ville, on n’a pas besoin de se rassurer dans cette matrice, parce que c’est nos vies réelles qui nous inspirent ». Voir, sur ce sujet, le nerveux «Matrixé» extrait de la mixtape de TRZ, pamphlet contre une société régie par les réseaux sociaux, où soigner son image est au centre des préoccupations.

Quand chaque détail compte

Un premier freestyle en MJC à treize ans, un autre à l’âge de 16 ans relayé par le bouche-à-oreille virtuel. Au fil des vidéos à succès partagées sur les pages spécialisées, TRZ songe à réifier sa musique sur un disque, sans autre but que de faire quelque chose de sympa. Depuis ses premiers pas, le nancéien fait évoluer sa pratique pour tendre vers « une musique mieux rédigée, plus structurée, donc de meilleure qualité ». Finalement, c’est après quatre ans de navigation dans ce « foutu rap game » que « La rue t’appelle » voit le jour : « j’ai mis du temps à finaliser ce projet parce que j’ai un défaut: je suis très perfectionniste ».

Disponible depuis le 17 mars dernier, le premier projet de TRZ interpelle par son absence de featuring : « je n’éprouve pas le besoin de me mélanger dans la musique : un feat pour faire un feat c’est pas mon délire». Les 19 titres du projet sont représentatifs d’un artiste aux multiples registres, de l’introspection sur « Je suis moi » et « Il était temps » à l’egotrip sur « Cheh Mouah », qui façonne son avenir au jour le jour. Après tout, il semblerait que le futur se conjugue au présent.

Lucas Rougerie / Twitter: lucasrougerie