Interview : A la rencontre d’AlienBeats pour la sortie de sa mixtape “Rigel”

Le mois dernier, vous avez pu découvrir notre première interview beatmaking avec le sympathique hollandais Alt Kontrol. Pour cette deuxième interview, à l’occasion de la sortie de son projet auto-produit “Rigel” nous sommes partis à la rencontre d’AlienBeats un beatmaker encore plus jeune avec tout autant de talent, possédant son propre univers d’Alien mais partageant toujours la même passion… Il nous a fait honneur de répondre à quelques questions en nous donnant des infos exclusives, tout en répondant avec le plus de détails possibles !

Salut AlienBeats, peux tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?

AB : Wassup, tu vas bien ? Moi c’est AlienBeats 18 ans, originaire de Dunkerque (59).

Actuellement, est-ce que tu es signé chez une maison de disque ou tu es en totale indépendance ?

AB : Alors en fait je travaille en totale indépendance mais j’ai un crew du nom de UMG Records (Underground Music Group) composé de 12 beatmakers :
  • Spear Beatz (Dogside Music Group – Momie)
  • DarKnown (Lo’Kuntry – Easy)
  • RayDaPrince (Kalash Criminel – Carré VIP, Cheu-B feat PON2MIK – Yah)
  • Lil Banks (Gradur – Bloody Murder, Matty Baybee – Always Be Here, Kamelenouvo feat LECK – 2 étoiles 5 numéros, EnoWeezy – Au Bout Du Fil; Bad Girl; LRNLM)
  • ZaProducer (Siboy – Eliminé)
  • Mally Macc (Fetty Wap)
  • Passi Fresh (Raifé – Changé, Genosquad – Dans Ma Vie)
  • Tommy Beats (Niska – Boug Mwen; CVTQLF; Ohlolo; Tookie, Gradur – Dans ma vie, Medusa – Vie, Kalash – Mulla, Damso – Kiestu; Gova; Noob Saibot)
  • TeddyKrp (Cheu-B – C’est Correct)
  • AxelProduction (Clipmaker & Beatmaker Guadeloupéen)
  • TohighRoland (Ingé-son & beatmaker Togolais)
  • Ainsi que moi-même AlienBeats (Niska – Alien, Comi Banga – Que Des €, Black Brut – Je m’évade, Medusa – Célèbre, Cahiips…)

Chacun fait ses productions de son côté mais on est une famille venant de pays ou continents différents, et c’est ce qui fait notre force. Si demain Lil Banks fait un placement pour un rappeur c’est comme si toute l’équipe y participait, tu vois ce que je veux dire ?

Avec quel rappeur s’est déroulée ta première collaboration et dans quelles circonstances ?
 
AB : Ma première collaboration était en 2015 avec B’MS un mc de Lille. Je m’en rappelle j’avais commencé une petite maquette avec un poto qui s’appelle B.Haamer mais je l’ai laissée traîner dans mon ordi. Après l’avoir contacté sur Twitter, B’MS est venu me voir pour écouter mon travail. J’étais content de me dire qu’un rappeur allait faire de la route pour me voir, moi du haut de mes 15-16 ans à l’époque. Il a commencé à écouter plusieurs maquettes, et quand il est tombé sur celle-ci il m’a dit “Le prochain clip que je sortirai sera sur cette prod, t’as fait un vrai truc négro !!!” Puis il m’a invité dans le clip pour me donner de l’exposition, c’était lourd ! Dans ma zone mes gars étaient fiers de moi.

La première fois que le public français a entendu ton «voice tag» c’était sur l’instru d’intro du Freestyle PSG de Niska, quel effet ça t’a fait lorsque tu as entendu ça ?
 
AB : Frérot… T’imagines même pas comment j’étais content ! Je savais que le morceau allait buzzer parce que Niska mettait beaucoup de vidéos sur Instagram mais quand j’ai entendu mon instru au début je me suis dis “y’a des milliers de beatmakers en France et c’est ma prod qu’il a décidé de mettre en intro” franchement c’était lourd ! Et comme Yoroglyphe n’avait pas mis son tag sur la prod PSG, tout le monde pensait que c’était moi qui avait fait le son entier (rires).


Ton premier gros placement a été sur “Charo Life” la mixtape de Niska, sur le titre Alien (en réfence à ton nom de producteur), tu ne faisais du beatmaking que depuis 6 mois, comment as tu réussi à faire le jackpot en si peu de temps ?
 
AB : Alors là brother la seule chose que je peux te dire c’est que j’ai énormément charbonné en 6 mois. Je travaillais jusqu’à 4h du matin sur FL Studio et j’allais en cours le lendemain à 8h ! Quand j’ai envoyé ma prod à Niska sur sa page FB je me suis dit que j’avais un petit niveau, donc ça serait cool s’il prenait la peine d’écouter. Restant sans réponse, j’ai renvoyé une prod un mois après en me présentant à nouveau au cas où il n’avait pas vu (rires). Et c’est à ce moment là qu’il ma dit “Mais j’ai posé sur une prod à toi. Je respecte à fond ton taff t’es super bon frérot continue”. T’imagines, mon rappeur préféré à l’époque qui me dit ça sur Facebook ? C’était le feu !

Aujourd’hui t’es toujours en contact avec lui ?
 
AB : Non mais il bosse souvent avec mon gars Tommy Beats maintenant, c’est la même chose.
 
Quelle a été ta collaboration favorite avec un rappeur et pourquoi ?
 
AB : Mmh je pense que c’est Black Brut. Quand je l’écoutais je devais avoir 14 ans à l’époque. J’écoutais “Fallait pas m’inviter” ou encore “SMS”, ensuite “Zoro” et “La Danse De La Rafale” sont sortis 1 an après et c’est là que je voyais qu’il était vraiment puissant de ouf ! 3 ans après (maintenant) il me donne de la force en participant à ma première mixtape et il m’a ouvert beaucoup de portes, il m’a appris pas mal de choses sur la musique et c’est devenu un vrai frère. Il m’a même payé un Filet-O-Fish quand je suis parti le voir dans le 91 (rires) !
black-brut-alien-beats-800x1000-2017
 
On a pu voir sur les réseaux que tu as sorti ta mixtape « Rigel », peux tu nous expliquer ce nom et d’où t’es venu l’idée de réaliser une mixtape ?
 
AB : Oui frérot ma première mixtape est sortie le 7 avril en version physique. Rigel est le nom d’une étoile. J’ai toujours été nul en science mais quand j’étais en seconde je m’en rappelle encore, mon prof citait les noms de quelques étoiles comme Mizar, Bellatrix, Bételgeuse, Acrux etc Et c’est à ce moment là que celle-ci m’a charmé. Rigel, une étoile bleutée 40 000 fois plus lumineuse et à peu près 78,9 fois plus grande que le Soleil, sixième étoile la plus brillante du ciel, et la plus brillante de la constellation d’Orion. Comme par hasard le 6 c’est mon chiffre favori (rires) et comme je suis un Alien, je trouve que ça colle bien.
 
alien-beats-cover-tracklist-1000x500-2017
On retrouve des rappeurs connus sur Rigel comme Black Brut ou Medusa (BSK, MG & Tidark) comment la connexion s’est faite, ils étaient chauds dès le début ou tu as dû un peu négocier? 
 
AB : Oui et il faut des artistes avec plus de notoriété que d’autres, c’est comme ça que ça crée un équilibre. Les auditeurs vont se précipiter pour écouter les artistes qu’ils connaissent déjà mais justement il vont ensuite s’intéresser aux moins connus et se dire “S’ils sont sur la même mixtape, c’est qu’ils doivent être aussi chauds”. Comme je t’ai expliqué, Black Brut c’est mon gars il n’a pas hésité à aller au studio pour poser son morceau. Pour Medusa, en fait je cherchais un dernier rappeur pour clôturer ma mixtape et c’est la qu’un bro qui s’appelle silvinhorealimage (sur Insta) m’a envoyé un son de Stanlee et FreshBerry. J’ai kiffé direct donc la connexion s’est faite et il se trouve que Stanlee c’est l’un des Ingé-son au studio 1050 à Paris. Du coup il m’a dit un peu quels rappeurs passent là-bas pour poser, tout ça. Je lui ai dit “Ça serait cool si je pouvais inviter Medusa sur ma mixtape” en mode c’est impossible quoi, tu vois ? Et c’est à ce moment là qu’il m’a dit “Mais négro il n’y a pas de problème, le grand frère de Tidark s’appelle Shelovekingdirts, il est dans mon crew GhostRiders donc c’est la famille ! Tu sais quoi, prends le numéro de Tidark et parle lui ça ira plus vite”. J’étais pas prêt ! Nous les beatmakers on sait que les membres de Medusa travaillent beaucoup avec leurs beatmakers attitrés et je pensais vraiment qu’ils étaient inabordables, mais pourtant j’ai eu le contact en 5 minutes grâce à Stanlee. Donc j’ai appelé Tidark et il m’a dit “oui” sans hésiter, il savait déjà qui j’étais. En plus, je lui ai dit que je venais de la part de Stanlee qui lui aussi rappe sur ma mixtape donc c’était sûr, entre guillemets, qu’il accepte. Quand ils ont posé au 1050 c’était le feu ! Tidark m’a appelé et il m’a dit “Je veux bien que tu mettes le son sur ta mixtape mais à une condition, qu’on le mette aussi sur la nôtre parce qu’il est vraiment propre !” Alors là j’ai tout gagné (rires).
Ce projet t’as pris combien de temps à mettre en place à partir du moment où tu as eu l’idée jusqu’à la sortie en physique ?
 
AB : En fait je voulais faire une beat tape et inviter des beatmakers à la base. Parce que je suis très ouvert aux gens et je suis toujours prêt à donner de la force, je néglige personne. Mais avec du recul je me suis dis que je n’allais pas avoir de véritable impact avec une beat tape parce que j’en avais déjà sorti une avec Nadjee, Furlax, Yoroglyphe, ZaProducer & TeddyKrp. Tu sais très bien que les gens aiment la nouveauté alors j’ai voulu prendre le risque d’inviter des beatmakers et des rappeurs. J’ai commencé à travailler mon projet en Août 2016. J’ai pris 8 mois à tout mettre en place. En tout nous sommes 40 artistes à avoir participé au projet et je les remercie tous ! (23 rappeurs / 15 beatmakers / le shoot de la Cover by Gazpa / la réalisation de la cover et tracklist by Ekaï)
 
As-tu eu des refus de rappeurs ne voulant pas figurer sur ta mixtape ?
 
AB : Oui et je pense que c’est ce qui a ralenti ma mixtape. Le fait d’inviter des majors c’est très compliqué surtout si tu ne les rémunères pas. Ils prennent leurs temps malheureusement et c’est là que tu vois la différence entre les States et la France… Sans te mentir il devait y avoir Rohn Noir, Brigistone, Nyda, Black D, Cahiips et Visclo. J’ai aussi contacté PPROS ainsi que S.Pi mais eux ils m’ont directement dit qu’ils auraient bien aimé y participer mais qu’ils sont sur leur projet respectif en ce moment. T’imagines si tout ces mc’s avaient été sur ma mixtape ? J’aurais été le young MikeWillMadeIt de France (rires) !
 
On te retrouve avec Izii Time, BlackStarz, Tommy Beats aussi sur ta mixtape, vous avez une relation professionnelle ou amicale ensemble ? Comment vous êtes vous rencontrés ?
 
AB : Depuis la mixtape “Charo Life” de Niska, j’ai souvent l’impression de me retrouver sur les mêmes projets qu’Izii Tiiime, Yoroglyphe, Kima Prod et Tommy Beats. Si ce n’est pas moi c’est un tel avec un tel etc. Mais la plupart de ces beatmakers ont une plus grosse expérience que moi et sont beaucoup plus âgés, alors indirectement je les prends pour mes rivaux amicaux (Je ne sais pas trop comment l’expliquer). Et c’est en ayant des rivaux que tu progresses rapidement. Tommy Beats, Lil Banks, ZaProducer et DarKnown sont dans mon équipe, les inviter sur ma première mixtape c’était une obligation pour moi. Izii Tiiime c’est vraiment un producteur que je respecte énormément car il a un talent inné. On s’appelle très souvent pour mettre nos idées en place et nos stratégies afin d’être sur les dernières mixtapes ou albums qui sortent. On me dit souvent que je fais des prod trop sombres, mais si t’écoutes ses prod à lui, t’as vraiment l’impression qu’il est habité (rires). Quand à Black Starz, c’est le pote de Izii Tiiime et il a produit de nombreux morceaux connus tels que “Booba – JDC”, “Siboy – Exécution”, “Kaaris – Nador”, ou encore “Ninho feat Niska – Elle a mal aux reins” en commun avec Izii Tiiime. Je pensais que ça allait être chaud de l’inviter puisqu’il est signé en maison de disque et en maison d’édition mais au contraire c’est un mec qui pense comme moi, il veut faire avancer la musique en France donc il n’a pas hésité à collaborer.
 
Cette mixtape a été un investissement humain considérable mais aussi financier, des personnes t’ont elles aidées à investir dans ce projet ou tu t’es débrouillé solo ?
 
AB : Oui, mon manager Nazir a assuré toute la partie investissement. Étant donné que je ne suis pas signé c’est lui qui assure mes arrières. Depuis que je suis jeune il a toujours misé sur moi et je ne le remercierai jamais assez pour toute la force qu’il me donne. Il me disait toujours “Un jour tu feras partie des grands et tu réaliseras de grands projets. Tu ne sais pas le potentiel que tu as à ton âge”. Sans lui, AlienBeats aurait déjà arrêté la musique crois-moi.

 alien-beats-rigel-interview-852x1136-2017
Pour réaliser Rigel tu as été plus ou moins seul, est-ce que pour apprendre le beatmaking tu l’as aussi été ?
 
AB : J’ai eu la chance d’apprendre quelques semaines le logiciel grâce à Konga. Ensuite je me suis débrouillé dans l’ombre pour progresser.
 
Pourquoi avoir choisi de sortir la version digitale quelques semaines après la version physique ?
 
AB : Parce que je sais qu’il y a beaucoup de parisiens et d’autres personnes bien-sûr qui me donnent énormément de ce-for, mais leur problème c’est qu’ils ne veulent pas soutenir quand il s’agit d’acheter… Le digital va me permettre d’avoir plus d’exposition, je pense que ça va également m’ouvrir des portes au niveau des connexions et peut-être une proposition de contrat qui sait ?
 
À l’heure actuelle es-tu satisfait des ventes et quels sont les retours sur ta mixtape ?
 
AB : Bien-sûr ! Tu sais il ne faut pas être trop gourmand. Si j’avais vendu qu’une dizaine de CD j’aurais était aussi fier de moi que si j’en avais vendu trente mille parce que ce ne sont pas les ventes qui déterminent la qualité des sons. Ma mixtape est sale et les personnes présentes depuis le 7 avril le savent. Concernant les retours, tout le monde kiffe les instru que ce soit pour les sons ou les bonus. Comme il y a pleins d’artistes différents c’est normal que chaque personne ait ses préférences; certains sont plus Trap donc les morceaux comme “Black Brut – Je m’évade”, “B’MS – Prêt” ou “Genosquad feat Key Largo – La Fiesta” vont directement plaire, d’autre qui écoutent plus des sons conscients vont s’orienter vers les sons comme “B-Soldat – Glace” ou “Comi Banga – Étape”. Les sons de clubs ou futuristiques c’est plutôt “Tye – Long Way”, “SQN – Dans le club” ou “Florine – Sayé” etc. T’as vu, j’ai vraiment voulu prouver aux gens que je ne fais pas que de la trap quoi !
 
En parlant de Tye, c’est un MC américain présent sur une prod que tu as fais en collaboration avec un beatmaker italien (Polo), peux-tu nous raconter cette connexion Dunkerque/New-York/Ozieri ?
 
Tye c’est un beatmaker rappeur ingé-son, ce mec est chaud ! Il manque juste énormément d’exposition mais je pense qu’il ne cherche pas à faire le buzz, il a plutôt l’air fier de propager son talent à travers les réseaux. Il a déjà bossé avec les gars de mon équipe mais moi je n’ai jamais produit un cainri avant lui tu vois ce que je veux dire ? Premièrement je ne parle pas très bien anglais, quand il s’agit de l’argot c’est encore pire (rires). Mais tu connais, à partir du moment où tu sais dire ” whats up dawg, you need a beat ? I make a mixtape ” tout ça, ça passe à peu près. C’est aussi grâce a l’aide de mes gars qu’il a fini par comprendre que je voulais bosser avec lui sur Rigel. Tye aime beaucoup rapper sur de la futuristique donc je voyais bien une collaboration avec une personne mais loin de la France. Et comme par hasard Polo me contacte quelques jours après pour me dire qu’il était chaud, qu’il a aimé ma vibe et qu’il aimerait bien collaborer avec moi un jour. C’était l’occasion rêvée, le mec vient d’Italie et il est chaud ! Donc on a communiqué en anglais pour faire la prod puis je l’ai envoyé à Tye. Il a tué le beat, les français ont kiffé le son, ça fait vraiment plaisir. #WhatsUpTye #SameBloodSameFamily

 
C’est rare que dans le rap français, un beatmaker réalise sa propre mixtape avec différents artistes, penses tu avoir fait ce qui n’a jamais été fait en France ?
 
AB : Je pense qu’à 17 ans réaliser une mixtape avec 15 titres exclusifs plus 5 prod inédites c’est quelque chose. Black Brut m’a dit que ça se faisait il y a une dizaine d’années; les Ingés faisait des compiles et les producteurs vraiment connus qui avaient les contacts sortaient leurs albums mais personnellement je n’ai vu aucun beatmaker en France prendre le risque de faire un projet en physique et digital avec des rappeurs faisant entre 5000 et 4 millions de vues.
 
Comptes tu refaire une mixtape ? Si oui peux tu nous donner une date de sortie ?
 
AB : Oui je pense brother, t’es pressé ou quoi ? (rires). Franchement j’en sais rien du tout concernant la date de sortie et je n’ai rien commencé pour l’instant. Mais la prochaine sera encore plus sale que la première !
 
Dans le futur on risque de te croiser sur les projets de quels artistes ?
 
AB : Vous pourrez me retrouver sur des projets sombres. Pour commencer retrouvez-moi le 2 juin 2017 sur le projet de La Fouine “Capitale Du Crime Censuré” sur le son “Lits superposés” en featuring avec son frangin Canardo. J’ai fait la prod avec ZaProducer, Nadjee et Furlax. Je serai également présent sur plusieurs titres de la mixtape de Cahiips, d’ailleurs je pense que le morceau ” Azil ” va faire parler de moi et de mon gars Lil Banks, il s’agit d’un feat avec Zgarman. Je serai également présent sur la mixtape de B’MS sur deux titres. Et pour finir je prépare calmement deux mixtapes, une avec Stanlee, l’autre avec SheloveKingDirts. C’est tout ce que je peux te dire pour l’instant pour ne pas trop annoncer les bails.

 
D’un point de vue technique, tu fais tes prod sur quel logiciel et pourquoi ?
 
AB : Je travaille avec FL Studio 11.1.1 mais j’ai aussi le 11.0.0 pour les collaborations parce que c’est une galère ces histoires de versions différentes. Pourquoi ce logiciel ? Tout simplement parce que c’est Konga qui m’a appris à faire des prod avec ça dès le début donc j’ai suivis le mouv’ quoi. Puis t’as aussi les gros beatmakers cainris qui sont dessus donc tu comprends mieux leur façon de travailler etc.
 
Quels sont tes VST (instruments virtuels) préférés pour composer tes prod ?
 
AB : Pour moi ce qui reflète mon côté galactique c’est la Lead. C’est vraiment un instrument magique. j’utilise beaucoup le piano, les arpeggiators* et les violons. En ce qui concerne les percussions c’est ma grosse basse qui fait que tu vas savoir me reconnaître à la prod, c’est ma marque de fabrique. Je peux tout te faire avec des 808, des mélodies, des snares ou même des HitHat si tu veux (rires). Je me sens vraiment plus à l’aise en percussion qu’en mélodie et souvent quand on me contacte pour faire une collaboration c’est moi qui gère cette partie.
* Ndlr : Bientôt nous essaierons de vous faire un dictionnaire de toutes les expressions liées aux beatmaking, afin de mieux comprendre…
 
Niveau matos tu disposes de quoi (MPC, synthé, hauts parleurs …) ?
 
AB : J’ai un pc Toshiba, des écouteurs d’Iphone et des petites enceintes qui grésillent parfois. C’est uniquement avec ça que j’ai réussi à monter ma mixtape “Rigel”. (Ndlr: Comme quoi quand on veut on peut, avec ou sans moyen)
 
Tu mets environ combien de temps à réaliser une prod ?
 
AB : Pour une prod trap ou futuristique je peux mettre une heure ou deux. Mais quand il s’agit de faire une instru mélancolique, Rnb ou un hit, je peux aller jusqu’à cinq à six heures par instru. Je prends vraiment mon temps sur la créations, le mixage et le montage ( intro/ couplet/ refrain etc… )

Est-ce que le beatmaking te fait vivre à l’heure actuelle ?
 
AB : Pas du tout. Je pense que si tu veux vivre de la musique il faut être signé dans une grosse maison de disque, moi je fais des instru dans ma chambre et je contacte les rappeurs moi-même donc je continue les études. (Ndlr : Déjà deux interviews où l’on se rend compte que le beatmaking est avant tout une passion)
 
Quels conseils peux tu donner à ceux qui commencent dans le beatmaking ?
 
AB : Mes Aliens, que vous soyez jeune ou plus âgés, sachez que le talent n’a pas d’âge. Tout est une question de motivation. Il y a déjà des personnes qui ont essayé de me mettre des bâtons dans les roues mais je me suis relevé et même si je n’ai pas du matériel de pro, j’ai réussi à monter ma première mixtape en totale indépendance donc rien n’est impossible.

Cette interview t’es proposée par NewZikStreet, connaissais tu déjà ce média avant ?
 
AB : Je suis déjà tombé plusieurs fois sur votre site quand j’ai voulu me renseigner sur des artistes mais je n’aurais jamais imaginé que vous m’auriez proposé de faire une interview. Grosse force à vous, vous faites du très bon travail et je n’hésiterai pas à diriger les rappeurs & beatmakers sur votre site.

Pour finir, quels sont tes projets pour le futur (dans le beatmaking et professionnel) ?
 
J’aimerai retourner à Paris pour travailler dans des studios avec plusieurs artistes et beatmakers en direct parce que la distance c’est mon plus gros problème. Je ne compte pas vivre de la musique donc je vais profiter d’être encore jeune pour tout niquer ! #AlienNaQue18Ans #NewZikStreet #RigelGang

Le projet est maintenant disponible en téléchargement gratuit, mais également en version physique avec le titre “Tatami” en bonus. Comme vous avez pu voir au cours de cette interview, il y a de nombreux artistes présents sur le projet donc n’hésitez pas à jeter une oreille, ne serait-ce que pour écouter ses prod. Pour les intéressés, les liens sont disponibles ci-dessous :

reseaux-sociaux-alienbeats-500x300-2017
Réseaux sociaux où le suivre

 

Interview réalisée par NaelBeatmaking, mise en page et corrigée par Nivek ! RDV prochainement pour la suite,  d’ailleurs qui voudriez-vous voir interviewé parmi les nombreux beatmakers du moment ? N’hésitez pas à laisser votre avis que ce soit en commentaire ou par mail, idem si vous avez des remarques également, merci…

Partagez votre avis

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *