La radio associative affirme que l’artiste ne lui a pas remboursé l’acompte de 4 500 euros versé en 2007. À l’époque, Booba avait refusé au dernier moment de venir se produire en Guyane.
Quatre mille cinq cents euros. Une somme importante pour la grande majorité de la population. En revanche, pour un artiste jouissant de la notoriété de Booba, ce montant paraît dérisoire. Pourtant, il s’agit de la somme que le directeur de la radio KFM assure réclamer (mandats cash de la Poste et échanges de courriels avec le manager de Booba à l’appui) au rappeur depuis 2007. Quelques milliers d’euros que Pierre Ho-Wen-Sze espère récupérer lors de la venue prochaine de Booba, qui doit se produire sur scène lors du Summer Dance Battle, samedi soir au stade Georges-Chaumet à Cayenne.
Assis devant une table de bois recouverte d’une toile cirée, dans les modestes locaux de KFM de la rue Arago, Pierre Ho-Wen-Sze dissimule mal son exaspération. « Nous, on est une petite radio, notre but n’est pas de faire la Une des journaux, assure-t-il. Mais on veut récupérer notre argent. » En 2007, Booba s’engage à partager l’affiche avec Krys pour un concert organisé par KFM. Le rappeur doit arriver en Guyane le 23 août après avoir donné deux concerts en Guadeloupe. Mais au dernier moment, sans fournir d’explications autres que celle d’avoir raté son avion, l’artiste fait savoir, par l’intermédiaire de son manager, qu’il ne se produira pas à Cayenne.
Interloqué, Pierre Ho-Wen-Sze envoie alors un « émissaire » à l’hôtel guadeloupéen de Booba. « Là, ils ont expliqué que les concerts en Guadeloupe s’étaient très mal passés, que Booba est furieux et qu’il rentre à Paris » , raconte le directeur de KFM. Le manager de Booba de l’époque affirme toutefois qu’une « autre date » de concert sera trouvée. « Il nous a menés en bateau » , peste Pierre Ho-Wen-Sze, qui se tourne alors vers la justice. Sans succès.
« Peu de temps après, Booba s’est installé aux États-Unis et il est devenu impossible de le poursuivre » , explique le dirigeant. Il décide de prendre son mal en patience. En 2013, quand Booba est annoncé en Guyane, KFM est contacté par l’organisateur de l’événement pour apporter sa participation. Le directeur ne manque pas d’évoquer son litige avec le rappeur. Malheureusement, Booba rejoue la scène du refus de dernière minute. Les organisateurs se montrent alors plus offensifs que KFM et lancent une vaste campagne d’information sur les réseaux sociaux. Notamment en raison du fait que Booba affirme qu’il ne viendra pas, parce que sa sécurité n’est pas assurée en Guyane. Les organisateurs parviennent à faire plier Booba et récupèrent leur acompte. Un remboursement que KFM attend encore.
« Aujourd’hui, nous voulons une réponse claire de ce monsieur, martèle Pierre Ho-Wen-Sze. Il ne peut pas ne pas être au courant. Aucun artiste digne de ce nom ne vous fait un teaser (petit clip qui annonce sa présence) s’il n’a pas perçu une avance sur cachet. Nous voulons juste le rencontrer et qu’il règle ses dettes. »
Contacté par mail hier, Booba n’avait pas répondu à nos sollicitations à l’heure de notre bouclage.
Source : FranceGuyane/KFM-Booba

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