AmA : Eazy Dew surpasse Josman sur l’album J.O.$

Les AmA (pour A mon Avis) sont de courts papiers où un avis tranché est défendu. Cet avis n’implique que l’auteur de l’article et non la rédaction entière de Newzikstreet.

Parmi toutes les grosses sorties de ce mois de septembre, le premier album de Josman « J.O.$ » était un des projets les plus attendus par les auditeurs de rap français. Ce dernier semble jouir d’un certain succès d’estime mérité, mais ne mettant pas assez en relief l’excellent travail du premier artisan de ce succès : Eazy Dew (pétasse).

On n’apprend pas aujourd’hui que le métier de producteur/beatmaker est un métier de l’ombre et n’apporte que très rarement un niveau de reconnaissance important. Noah 40 Shebib, l’un des grands architectes de la carrière de Drake en est l’exemple le plus évident. Dans un registre tout autre, le duo Josman/Eazy Dew fait son chemin dans le rap français et devient petit à petit une valeur sûre. Attention toutefois à ne pas trop laisser le producteur distancer l’interprète…

A la sortie de l’album Views de Drake en 2016, l’ancien membre de Slaughterhouse, Joe Budden avait eu des mots durs quant à la performance globalement insipide du Canadien, mais soulignait le merveilleux travail de 40. Lui se rénovait et semblait infiniment inspiré tandis que Drizzy semblait à bout de souffle d’un point de vue créatif. Il faut dire que le duo travaille ensemble depuis 2008 environ… Côté Josman/Eazy Dew, leur travail en binôme date de 2013. Néanmoins, plus le producteur gagne en épaisseur et en maîtrise, plus le rappeur perd en intérêt.

Nous ne sommes pas totalement sourds et nous rendons bien compte que Josman, malgré l’inspiration Booba qui s’entend parfois, est un rappeur doté d’une excellente technique et d’un style lui étant propre ce qui est de plus en plus rare aujourd’hui. Ses qualités sont nombreuses et son potentiel est évident. Ce qui est inquiétant, c’est que Josman semble déjà être une caricature de lui-même sur cet album. Comme Drake sur Views (et sur Scorpion d’ailleurs).

Il force à mort mais il a pas tout à fait tort.

Un album n’est évidemment pas une pochette surprise ; En dépeignant un quotidien, un état d’esprit à chaque projet (J.O.$ est le troisième en trois ans…), la répétition semble inévitable. Seulement, Josman en abuse et ne raconte quasiment rien de neuf le temps de seize pistes ! La quête des billets, la fumette, la luxure sont narrées via une interprétation quasi similaire… Seuls les quatre derniers morceaux de l’album, qui sont par ailleurs lumineux, apportent du relief à un propos monochromatique et une exécution monotone.

Nul doute néanmoins que J.O.$ rencontrera un franc succès sur scène. Le rap assez spectaculaire de Josman mêlé à la patte de l’un des meilleurs producteurs français saura faire mouche. Il semble qu’Eazy Dew ait beaucoup insisté sur la touche électronique qu’il pouvait amener à Josman. Cette qualité-là et divers effets sonores surprenants transforment un bon album de rap de stoner en un objet unique et addictif ! Bravo Josman et surtout bravo Eazy Dew.

 

A appris à aimer grâce à Kanye West, Nekfeu, Alpha Wann et Eiichiro Oda..

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