AmA : Drake et appropriation culturelle ?

Les AmA (pour A mon Avis) sont de courts papiers où un avis tranché est défendu. Cet avis n’implique que l’auteur de l’article et non la rédaction entière de Newzikstreet.

Le 11 octobre dernier, la tant attendue collaboration entre Drake et Bad Bunny a enfin vu le jour. Dans « Mia », on entend Drake chanter en espagnol pour la première fois. Ce n’est néanmoins pas la première fois que ce fin caméléon emprunte à une culture n’étant pas la sienne…

On ne disait rien en 2009 quand Drake se prenait pour un rappeur de Houston sur « Uptown » puisqu’il collaborait avec Bun B, l’un des plus beaux représentants de la ville. On ne disait rien non plus quand il disait « le faire pour la Bay Area » dans le morceau « The Motto » puisqu’il tournait le clip à Oakland entouré de Mistah F.A.B et de E-40. On ne disait toujours rien quand Drake empruntait un peu du patois Jamaïcain dans « Find your Love », puis beaucoup plus dans sa période If You’re Reading This It’s Too Late/Views ainsi que sur la « playlist » More Life puisqu’il était accompagné de la superstar Mavado et réunissait une partie de la diaspora africaine sur ces différents projets.

Memphis pour « Worst Behaviour », la Nouvelle-Orléans pour « In my feelings » , Londres pour « KMT » et maintenant le Porto Rico ! Même à Toronto, sa ville, le symbole du « Six » qu’il représente fièrement est au départ une expression inventé par le rappeur Jimmy Johnson. Même dans son label, Drake ne peut s’empêcher de piller des trucs ! « Just hold on, we’re going home » était un morceau de Majid Jordan avant que Drake ne flaire le hit (mais Drake est un type en or puisqu’après lui avoir pris son morceau, il l’a quand même mis en featuring) ! Il aurait peut-être fallu appeler Drake « Starboy » si The Weeknd n’avait pas eu la bonne idée de se séparer d’OVO.

On rage beaucoup sur Drake, mais certainement pas autant qu’on ne s’amuse avec lui. Après tout, la musique n’a pas de frontières et mis à part celles du copyright, qu’il n’a (encore) jamais enfreint, il n’y a pas de règles à suivre ! Plus encore, n’oublions pas la visibilité que Drizzy a donné à The Weeknd, à Jorja Smith ou plus récemment à Octavian. Cela ne nous empêchera jamais de penser que le Canadien est un stratège musical rusé, se déplaçant là où la tendance l’emporte. Il ne faudra pas parler chinois quand Drake chantera en Sud-coréen avec un groupe de K-Pop ou quand il reprendra les « Pawpawpawpaw » de MHD lors de sa potentielle collaboration avec le rappeur du 19ème. 

A appris à aimer grâce à Kanye West, Nekfeu, Alpha Wann et Eiichiro Oda..

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