6 projets sortis en octobre à découvrir !

Le mois de septembre fut un mois très chargé pour le hip-hop mais le mois d’octobre l’a été tout autant comme le mois de novembre le sera également. La consommation musicale ne cesse d’évoluer ne laissant ainsi que très peu de temps à bon nombre d’auditeurs de découvrir des pépites et encore moins de temps à certains artistes méconnus de faire leurs preuves avec leur projet. C’est pourquoi, après avoir fait une petite sélection (qui ne plaira évidemment pas à tout le monde) nous allons revenir rapidement sur quelques projets sortis ce mois-ci qui sont pour beaucoup passés inaperçus et qui pourtant méritent plus de lumière. Une façon de plus de montrer que qualité ne rime pas forcément avec nombre de vues/écoutes et inversement ! Si ce format vous parle, faîtes le nous savoir, ça pourrait devenir un rendez-vous mensuel.

Le premier projet dont on va parler est celui de WM, de son vrai nom Weli Masta. Rappeur et beatmaker du 94 (Vitry), il se fait notamment remarquer avec le morceau « Aloha » qui reprend l’air du classique africain « The Lion Sleeps Tonight » puis surtout « Lune » en janvier dernier. Suivent alors plusieurs clips toujours signés par son producteur et réalisateur Kespey que l’on retrouve également à la réal de la plupart des clips de DTF mais aussi de certains visuels de Phénomène Bizness, de Take A Mic, de Nekfeu, KPoint ou encore PNL. Le dernier clip « Walou Nada » est un condensé de ce qu’il est capable de réaliser, une véritable plongée dans un univers sombre scénarisé où on en prend plein la vue.

Ajoutez-y un artiste très complet et éclectique comme WM qui fournit un morceau mélancolique produit par lui-même comme l’ensemble du projet et vous n’avez plus aucune excuse pour ne pas jeter une oreille et un oeil au reste ! Le projet s’intitule « #Danslepiège », se compose de pas moins de 20 titres avec la participation de Krisi, de Ivory S ou de R.O (également artiste de Kespey) et nous plonge quant à lui dans un univers introspectif très varié qui rappelle un peu celui de KPoint. Flow chanté ou kickage, auto-tuné ou pas, rien ne lui fait peur ! Si vous ne le connaissez pas ou si ne vous l’avez pas encore écouté, il n’est pas trop tard…

Ensuite, le choix s’est porté sur deux artistes parisiens qui rappent/chantent en anglais donc autant faire d’une pierre deux coups. Le premier se nomme Fang The Great, vient du 91 (Evry) et a sorti son EP « Rise Of The Beast » composé de 6 titres avec les invités Elotomi et Highdiwaan. Aussi bien capable de nous offrir un R&B envoutant qu’un rap plus bestial, il fait lui aussi partie de ces artistes au talent certain atteints de schizophrénie musicale et croyez le ou non – tout comme l’artiste suivant – il n’a rien à envier à certains américains. Vous allez forcément en entendre parler ces prochains mois, d’autant plus que son imagerie est également très soignée comme en témoigne le dernier clip en date « Dark Energy/The Greenish God » qui est l’exemple parfait pour découvrir ses facettes dans un visuel inspiré du film « Barry Lyndon » de Stanley Kubrick rien que ça… La bête est réveillée et rien ne semble pouvoir l’empêcher de grimper !

Le deuxième c’est Mikano, artiste parisien d’une vingtaine d’années lui aussi et venant du Cameroun. Il vient de sortir son nouvel EP « Blind Man Dreams » qui fait suite au premier « No Devices Found » sorti l’année dernière. Porté par le single « Plastic », dont le clip approche étonnement à peine les 3000 vues donc vous savez ce qu’il vous reste à faire, il se compose de 8 morceaux solo, nous entraîne dans un univers ayant pour thématique les rêves des aveugles comme le montre le titre et nous offre avec ce voyage onirique une multitude de sonorités. Pas étonnant quand on sait qu’ado, les albums « My Beautiful Dark Twisted Fantasy » de Kanye West et « Man Of The Moon » de Kid Cudi l’ont traumatisé, qu’aujourd’hui des artistes comme Franck Ocean ou encore Agnès Obel font partie de ses sources d’inspiration et que le prodige Svts est à la production de ces 9 titres. Au final, il s’agit d’un EP à écouter dans le noir avec un casque sur les oreilles afin de profiter au mieux de l’ambiance qui s’en dégage avant de tomber dans les bras de Morphée et de rejoindre le monde des songes. Il serait bien dommage de passer à côté…

Si après ça vous êtes surtout plongés dans vos pensées nocturnes, dans une ambiance toute aussi enivrante, on ne peut que vous proposer un autre projet et il s’agit de celui de Smeels. Alors cet artiste, c’est presque sûr que vous en avez au moins déjà entendu parler plus tôt cette année en avril avec le buzz qu’il a fait autour de l’un ses titres, en effet un internaute a posté une vidéo sur Twitter avec pour légende « L’album de Damso va être fantastique » et en fond le son « Broken » du bordelais dont on doit avouer retrouver parfois quelques similitudes dans la voix, le style et les thèmes autour des femmes et de l’argent. Vous connaissez internet, la nouvelle s’est très vite propagée, le son a été posté sur YouTube et approche aujourd’hui les 300 000 vues presque autant que l’original, pas mal la pub n’est-ce pas ? Si vous ne savez pas ce qu’il fait, ça vous donne déjà une idée de la qualité présente sur ses morceaux. Avec cet opus intitulé « Sold Out » faisant suite à « FIDHAM » & « OPTNT sortis en 2017 et à « Toujours pas rappeur » sorti en 2018, il vient confirmer qu’il s’agit de l’un des rookies les plus talentueux à suivre de près. Ultra productif, celui qui ne se considère pas rappeur et qui n’en a rien à foutre du game s’entoure du producteur Yeong Michin et vient nous enivrer de 12 titres on ne peux plus savoureux.

Un autre EP sorti plus récemment cette fois puisqu’il est dispo depuis le 26 octobre et un peu passé à la trappe, d’une part parce qu’on ne le retrouve sur les plateformes digitales qu’en connaissance de cause puisqu’ils ont changé de blaze et qu’ensuite le groupe à l’instar des rappeurs cités précédemment n’est pas le plus connu. Et pourtant le Bohemian Club (B.C) composé de Goomar, Orus, Walter & Zoonard fait indéniablement partie de ceux possédant un univers incroyable. Pour preuve, le titre « Substance M » fait directement référence au roman « Sustance Mort » l’un des chefs-d’oeuvre les plus personnels de Phillip K. Dick – adapté par la suite au cinéma dans le film « A Scanner Darkly » avec au casting Keenu Reeves ou encore Robert Downey Jr. – traitant de personnes accrocs à une drogue bon marché et aux effets dévastateurs appelée Substance M. Vous avez donc la ligne directrice de ce projet mais c’est extrêmement bien fait, sur des prod’ psychédéliques de Goomar les métaphores drogologiques s’enchaînent avec en plus un puissant feat avec Népal et comme des toxicos on reprendrait bien une autre dose. A consommer sans modération.

On continue avec l’un des plus cainris des rappeurs français, j’ai nommé le mc parisien HIM$ qui au risque de me répéter dépasse également à peine la vingtaine. Découvert personnellement sur le tard cette année avec « Trapstar, vol. 1 », je n’ai pas de suite adhéré à son style – d’où l’intérêt d’éviter de juger un projet à la première écoute – mais après avoir écouté en boucle on finit par rentrer dans son délire, entre trap, mumble rap ou encore cloud rap, il excelle. Proche du A$AP Mob, on le retrouve sur cette nouvelle mixtape intitulée sobrement « Trapstar, vol.2 » aux côtés d’A$AP Twelvyy à deux reprises mais aussi de Yaya D et de Lowssa sur des productions signées Apher, Empty Aire, Dee 93, Nistud, Julios & Leknifrug. Pas le genre à mettre dans toutes les oreilles mais si vous aimez le hip-hop s’inspirant des states vous avez frappé à la bonne porte pour rentrer dans le worldwideboys ! D’autant plus qu’il semblerait que seulement quelques jours après cet opus, une mixtape en commun avec South soit prévue pour le 1er novembre.

Bonus :

Instant 100% légèreté, en ce mois est aussi sorti un projet à ne pas prendre vraiment au sérieux mais qui est par contre moins mauvais qu’on aurait pu le penser avec un délire assumé autour du personnage des sons de PNL Hervé Liencli qui prend donc vie sur ces 9 titres. Si vous voulez participer au « Soulèvement des ienclis », c’est l’occasion avec des morceaux qui trouvent un intérêt notamment grâce aux instrus de talentueux producteurs comme Heezy Lee, Eazy Dew ou encore Supersonge, aux références et aux flows empruntés à différents rappeurs. Bien qu’on se doute que si ce iencli inconnu au bataillon amateur de rap en tout genre et d’auto-tune veut vraiment percer dans le game un jour, il devra changer de direction, l’idée était bonne et le choix très osé, le résultat est loin d’être ouf mais rien que pour la prise de risques et si on le prend au second degré, pourquoi pas ?! Puis aujourd’hui ne sommes nous tous pas un peu iencli ? Bon ça c’est un autre sujet, vu que c’est devenu à la mode de cataloguer les auditeurs selon ce qu’ils écoutent et les rappeurs selon leur style mais on y reviendra peut-être en temps voulu… QLF.

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