Le magazine et site internet « The Fader » en parle assez constamment, on les retrouve désormais en couverture du magazine avec en prime un bel article que l’on pourrait qualifier de début d’interview et laisser présager pour la suite une véritable entrevue pour en apprendre plus sur les deux frères des Tarterêts. Mais pour l’instant on se contentera de savoir quel parfum de glace, ils préfèrent…
Le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils en ont fait du chemin, cette couverture est une belle consécration pour eux, qui les dirige un peu plus vers le sommet. Mais assez parlé, les américains le font assez, je vous laisse découvrir l’article ci-dessous ainsi que la couverture. Bonne lecture.
Deux frères français inaugurent une nouvelle époque de rap qui parle au monde entier.
En Avril 2016, des milliers de Parisiens sont descendus dans les rues pour manifester contre la reforme du Code du Travail, qui faciliterait les licenciements. Syndicats, travailleurs, et partis politiques de gauche qui organisent traditionnellement les grèves et les manifestations y ont tous participé, mais cette fois ci lycéens et étudiants se sont également joint au mouvement pour y jouer un rôle essentiel. Dans le cadre d’un mouvement croissant contre les mesures d’austérité baptisé Nuit Debout, ils ont exhorté la jeunesse française à passer la nuit dehors pour exprimer leurs mécontentements.
Le futur des adolescents et des jeunes français paraît aujourd’hui assez sombre. Entre l’économie laborieuse, une précarité grandissante dans le milieu du travail, les attaques terroristes ayant pris place cinq mois auparavant, une préoccupation croissante envers la manière dont les refugiés sont traités, et les retombées de plusieurs décennies de ségrégation non-officielle dans les banlieues, les Nuit Debout ne concernent pas seulement le monde du travail : elles concernent la vie.
Parmi les slogans utilisés dans les manifestations, « le monde ou rien » est devenu l’un des plus populaires : une phrase qui condamne simultanément le conservatisme à l’esprit étroit et en demande plus à la vie que ce qui est actuellement offert. Selon Mouloud Achour, un vétéran du journalisme français qui couvre la ‘culture jeune’, « cela veut dire, ‘On a aucun problème à se comparer au reste du monde ; c’est ce que l’on veut ». C’est une expression typiquement française, mais le sentiment est universel : « le monde ou rien » pourrait parler à n’importe quelle jeunesse.
L’origine de la phrase est une chanson de rap du même nom, sortie en Juin dernier par PNL : un groupe composé de deux frères issus de Corbeil-Essonnes, dans la banlieue Parisienne. Première piste de leur deuxième album Le Monde Chico, « Le Monde Ou Rien » était sur toutes les ondes en France de la même manière que « Sorry » de Justin Bieber l’était aux Etats Unis. Avec actuellement presque 40 millions de visionnages sur YouTube – ou 50% de la population française – la chanson a un air entraînant, mais avec un sentiment de désespoir sous-jacent qui va au delà du langage.

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Le rap français a une longue tradition d’engagement direct avec la politique nationale, que ce soit dans le style agressif du gangsta rap Américain, ou à travers des variantes locales qui ont plus en commun avec la chanson française, drôle et romantique. Les années 90 ont apporté ces deux styles contrastés sur les ondes radio : avec d’une part les vers hyper-travaillés de MC Solaar, un natif du Tchad dont les chansons sur l’immigration et l’intégration ont transformé le rap en musique qui méritait le respect des adultes français ; et d’autre part Suprême NTM qui dénonçaient le politicien d’extrême droite Jean-Marie Le Pen par son nom dans leur chanson antiraciste « Blanc et Noir » et dont « Police » était la réponse française hardcore à l’hymne de N.W.A.
« Le Monde Ou Rien » de PNL change la direction du rap français entièrement. Dans les années 90, essayer de défier directement l’ordre politique par la musique semblait possible ; mais pour la jeunesse française d’aujourd’hui, décrit le journaliste Achour, le désespoir n’a « jamais été si prononcé ». La musique de PNL n’est pas ouvertement politique, à la manière de leurs prédécesseurs. Mais elle exprime une compréhension approfondie d’une situation socio-politique définie par le désenchantement, la marginalisation, et malgré tout, la résistance. On peut l’entendre sur la rythmique lente et gutturale de « Le Monde Ou Rien », ainsi que dans les longues lamentations ‘autotunées’ de la piste, plus chantées que parlées : Igo on est voué à l’enfer, l’ascenseur est en panne au paradis / C’est bloqué ? Ah bon ? Bah j’vais bicrave dans l’escalier.
Les paroles sont poignantes en Français mais on peut comprendre ce que veut dire PNL même si on ne parle pas la langue. C’était le cas pour Angelo Baque, directeur de marque pour Supreme et un des premiers adeptes de PNL. Il avait programmé le groupe pour l’inauguration du magasin Supreme l’année dernière dans le quartier chic du Marais, où les invités buvaient du champagne aux côtés de Chloé Sevigny et Rick Owens pendant qu’une foule jubilatoire chantait le « Le Monde Ou Rien » en unisson avec les frères. « On sent la vibe, on sent l’attitude et ça, ça dépasse les races, la foi, la religion et la langue », Baque me dit au téléphone. « Bien sur que non, je n’ai aucune idée de ce qu’ils disent ! Mais ça se digère très facilement. C’est comme une chanson de Bowie : ouais, c’est bon. Ça ne ce questionne pas ».
Il fut un temps où les spécificités politiques, pour ne rien dire de la barrière linguistique, limitaient l’intérêt dans le rap français à la métropole et les anciennes colonies. Mais le son particulier et la forte sensibilité esthétique de PNL ont le potentiel de pouvoir parler à une audience mondiale. En 2016, alors que tant de jeunes sont unis par la menace d’un futur incertain et un goût pour le rappeur Future, PNL mélangent les deux pour saisir le monde qu’ils sont convaincus leur appartient.
Pour lire la suite de l’article, rendez-vous sur thefader.com

 

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