Le sheguey 9 annonçait l’Homme au Bob pour fin 2014, c’est finalement le 23 Février 2015 que Gradur nous a sorti son premier album. On est  donc à 1 semaine jour pour jour de la sortie et l’Homme au Bob est déjà symboliquement* disque d’or.

   Petit éclaircissement pour les ParionsRap, Symboliquement : La maison de disque, au bout de 3 jours avait déjà vendu l’équivalent d’un disque d’or aux différents distributeurs (les placements). En revanche, en ce qui concerne les ventes en sortie de caisse, cela correspond à 33 700 exemplaires.

En gros, son album, les distributeurs et les grossistes se le sont arrachés pour le revendre (ventes de la maison de disque vers les distributeurs et grossistes = au moins 50 000 exemplaires) mais l’achat par client à ses mêmes grossistes et distributeurs correspond à 33 700 exemplaires en 1 semaine. J’espère que c’est assez clair. (J’espère surtout avoir bien compris, lol)

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Qu’est-ce qui fait cette réussite ?

 Un nouveau personnage

 Le public qu’achète aime la musique qui sublime et qui te met en furie. L’énergie, une attitude singulière qu’attire l’attention. Un profil un peu atypique, une image de dur à l’écran relativement soignée, de la gestuelle  un nouveau souffle à l’écran, un nouveau délire.

Pour comparer, Kaaris a beaucoup joué là dessus pour faire son trou: sur l’image à l’écran en se servant d’son physique, de sa voix et sa gestuelle. Gradur, c’est le même procédé: souvent torse nu, entouré d’mec balaises. C’est un personnage à lui seul avec ses p’tites danses, il est très fédérateur dans l’attitude. Il matrixe les gens, des plus petits aux « moins concernés d’apparence »

Un rap pas prise de tête avec tous les codes des jeunes caricaturés de voyou : beaucoup d’entertainment, l’armée, le foot, la CAN, Pogba, Drogba, Balotelli, la drogue, les meufs, « les gros mots »
Tombé dans l’rap un peu par hasard, comme s’il avait été victime de son succès et qu’il ne pouvait plus faire marche arrière.

On dirait un enfant qui entre sur un terrain inconnu surpris de sa propre ascension mais qui kiffe pleinement non pas carrière mais aventure de rappeur.

Avec les réseaux sociaux, Gradur donne l’image de quelqu’un d’accessible, c’est monsieur tout le monde. Son humilité est très souvent soulignée. Sur les réseaux il amène un autre état d’esprit : celui de vouloir donner de la cefor aux autres qu’il a apprécié ou avec qui il a collaboré. Y a cette volonté de vouloir faire et multiplier les collabos, ce délire « squad, ce désir d’unité qui parait un peu archaïque aujourd’hui, dans l’rap français en tout cas, lui y est totalement à propos. Cet état d’esprit révèle la naïveté dont il fait preuve (pas au sens péjoratif) le fait qu’il soit encore à ses débuts. Gradur parait seulement soucieux d’faire partager la musique des artistes qu’il a aimé et que cette musique soit sans frontière.

La Force du nombre, le plaisir de se mélanger

En parlant des collaborations, Lacrim qu’a connu une belle marge de progression c’est un disque d’or en 2014 en 10 jours . Même si l’album d’Alonzo a eu l’effet d’un pétard mouillé en terme de ventes, y avait une attente importante autour du projet. Et Niro qu’a son p’tit public depuis 2012 et dont on s’impatiente pour son retour. Donc, avec ces trois rappeurs, c’est 2 albums minimums par tête ces 3 dernières années dont Lacrim et Alonzo qui ont sorti leur album en 2014. Le public était donc aux aguets.

Les featurings entre un rappeur français et un rappeur américain, ça devient presque monnaie courante pour les têtes d’affiche. Mais vu comment Gradur prenait sa carrière au sérieux, y a de quoi être vraiment surpris quand on voit que Chief Keef et Migos sont présent sur son 1er album. Pas des pionniers dans la trap mais les symboles de cette génération montante qui la propage un peu partout.

La préparation de son succès (bien qu’involontaire) est en place depuis 2 ans maintenant avec pour mot d’ordre donner pour donner. Faire bien, on sait pas, mais en tout cas faire beaucoup. Un peu la technique du gavage d’oie : Sheguevara, c’est 45 sons (respect à celui qui l’a écouter entièrement !) et avant ça, on ne le redit plus, ses freestyle shegueys toujours dispo.

Comment décortiquer un succès involontaire quand le concerné vous dit qu’il a fait ça pour délirer? Que la vidéo qui l’a lancé a été mise en ligne par ses potes, contre sa volonté?

 

Un album fidèle à ce qu’on pouvait attendre

L’Homme au Bob, c’est 17 sons dont 2 singles : Terrasser et Jamais.
Rapidement controversé par sa trap à outrance. Durant la promo, on a pu se délecter du morceau Jamais (on aime ou pas) mais au moins on a quelque chose de différent par rapport à ce qu’avait été propose précédemment, un morceau avec du sens, clippé avec des moyens très intéressants.

Après avoir déserté l’armée, Gradur s’amuse à les narguer dans bon nombre de ses sons, comme c’est le cas dans le freestyle Bobzer sur une instru bien aiguisée.

 

 

Son album s’écoute plutôt bien, les morceaux que je garderai : Calibré, Terrasser, Jamais, Mitarizé, Bloody Murder, Stringer Bell, Beef, L’Homme Au Bob.
Concernant ce qui va le moins bien : La 2ème collabo entre Alonzo et Gradur est moyenne, je m’attendais à davantage de flow malgré l’énergie mise. Le featuring avec Chief Keef (pas pour la polémique causée, fausse polémique d’ailleurs!)

 

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mais j’ai senti un je m’enfoutisme de Chief qui m’a fait détester le morceau contrairement à Migos qu’a donné une lourde prestation.

 

Une note personnelle 6.5/10 et bon courage pour la suite, en course pour le disque d’or roro.

 

TGD

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